Numéro 7 : Recherches doctorales, actes #2

  • Édito
  • Diffusion d’un mythe postmoderne : Le mythe de la conspiration mondiale par David Icke
    Par Eva Soteras, doctorante en sociologie

    Comprendre et appréhender le mythe du méga-complot est aujourd’hui au cœur des préoccupations de la communauté des sciences humaines et sociales. Qu’est-ce qu’un mythe ? Comment, par qui et pour qui se diffuse-t-il ? Autant de questions auxquelles tentent de répondre sociologues, anthropologues, psycho-sociologues… Des questions renvoyant directement à notre contemporanéité, à cette ère postmoderne empreinte de doute, de soupçon et de quête de sens. Cette ère, berceau de la pensée conspirationniste, permet la prolifération et la diffusion du mythe du méga-complot.

  • L’écran numérique : un objet-monde dans un monde d’objets.
    Par Thibault Huguet, doctorant en sociologie

    Il est des objets techniques qui ont le potentiel de réagencer globalement l’ensemble des structures constitutives de la société dans laquelle ils s’insèrent. Tout comme les techniques qui permirent la domestication du feu au paléolithique, l’imprimerie de Gutenberg au XVe siècle, ou l’avènement de la machine à vapeur à partir de la fin du XVIIIe siècle, les écrans numériques peuvent être pensés comme les éléments essentiels de la dynamique socio-technique qui va tarauder le monde occidental en ce début de XXIe siècle.

  • Pour une ontologie du monstrueux : apport à une théorie du monstre.
    Par Erwan Moreau, doctorant en sociologie

    L’objet de ce présent article est d’entamer l’ébauche d’une démarche ontologique visant à mieux cerner les acceptions du mot monstrueux. Notre souhait sera d’éviter, tant que faire se peut, de reproduire les erreurs de certains essayistes qui, sous couvert de titres universitaires, croient positif de se faire savant d’un jour via la sagacité d’une subjectivité enhardie, notamment en publiant des recensions de « phénomènes monstrueux » comme d’autres publient des manuels d’ornithologie. Encore peut-on prendre certains de ces écrits pour ce qu’ils sont, partisans, à l’instar du manuel de Michel Onfray [1], mais cela devient bien plus regrettable quand des écrits, aux ambitions dépassant celles du simple essai, faisant fi d’un minimum de neutralité axiologique, débusquent leurs monstres à grand renfort d’esthético-critique comme d’autres, à la chasse, tirent à vue. Ce qui constitue un risque majeur dans les études en sciences sociales sur le thème du monstre et du monstrueux, c’est la création pure et simple de son objet d’étude, chose à laquelle nous nous proposerons ici d’apporter un remède en tentant de répondre à cette question : qu’est ce que le monstrueux ?

  • Le « mille-feuille discursif » des controverses climatiques
    Par Lionel Scotto d’Apollonia, Docteur en sociologie

    Sur fond de « climategate », l’agenda médiatique de l’automne 2009 lors de la conférence de Copenhague aura été marqué par la forte exposition des controverses climatiques. Pragmatique, cet article propose une analyse sociolinguistique de la mise en scène médiatique des controverses climatiques, à partir de la matinale de France Inter.

  • Varia : Contexte et enjeux des cérémonies d’accueil dans la citoyenneté française.
    Par Romain Calba, Docteur en sociologie

    « L’étranger, sans doute, peut bien s’introduire provisoirement dans la société mais l’opération par laquelle il est assimilé, à savoir la naturalisation, devient longue et complexe. Elle n’est plus possible sans un assentiment du groupe, solennellement manifesté et subordonné à des conditions spéciales [2] ». Emile Durkheim, qui s’attarde ici sur l’opération d’assimilation « longue et complexe » dans les sociétés à solidarité organique, introduit l’idée que cette opération doit être « solennellement manifestée » par le groupe d’accueil.

  • Varia : Trop d’humour tue-t’il l’humour... politique ?
    Par Guillaume de Gracia, Docteur en anthropologie

    « Nous ne faisons que nous entre-gloser ». Michel de Montaigne (Essais, III, xiii)

    « Le rire tue la peur, et sans la peur, il n’y a pas de foi. Car, sans la peur du Diable, il n’y a plus besoin de Dieu. […] Pouvons-nous rire de Dieu ? Le monde retomberait dans le chaos ». Jorge de Burgos, bibliothécaire aveugle et assassin dans Le Nom de la Rose.


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