Numéro 5 : Recherches doctorales, acte #1

  • Édito
  • Le début du mouvement folklorique au Brésil
    Par Luciana Aguiar

    Cet article a pour objectif d’exposer la trajectoire du mouvement folklorique au Brésil depuis la fin du XIXe siècle, période pendant laquelle ont été réalisées les premières études sur le folklore brésilien, jusqu’à nos jours en montrant les vicissitudes du mouvement au fil du temps.

  • Penser les rassemblements de personnes en tant qu’objet sociologique
    Par Matthijs Gardenier

    La foule, les multitudes sont une des figures de la vie sociale. Elles sont un passage obligé pour les actions collectives. Plus largement, elles ponctuent la vie sociale : révolutions, grèves, mais aussi foules en liesse lors de victoires sportives. Elles peuvent être mobilisées pour légitimer des actions politiques comme les manifestations en Égypte précédant la destitution de Mohammed Morsi [1]. Elles peuvent au contraire symboliser l’anarchie, la régression et le chaos, comme par exemple lors du sacre du PSG [2] lors du championnat de France, par une série de métaphores brillamment étudiées par Susanna Barrows [3]. Comment envisager le phénomène social qu’est une foule ? C’est-à-dire ce qui se passe lorsqu’un grand nombre d’acteurs sociaux sont réunis dans un même endroit, communiquent et agissent ensemble. De nos jours, la foule n’est pas un objet d’étude commun, que ce soit en sociologie, en science politique, ou en histoire. Dans la sociologie des mouvements sociaux, le sujet n’est abordé qu’en mentionnant la psychologie des foules, ouvertement critiquée par l’ensemble des auteurs qui le mentionnent. En effet, la sociologie contemporaine qui aborde le sujet développe de très fortes et justifiées critiques sur la psychologie des foules. Pour autant, la question de comprendre ce qu’est concrètement une foule ne va pas moins se poser.

  • Souffrances au travail : le sommeil analyseur. Vers une sociologie du sommeil…
    Par Catherine Henry Landemaine

    Dans son acception sociale, la notion de souffrances au travail apparaît comme globalisante et disparate, autorisant de confondre ses causes et ses effets. De ses différentes désignations, des pénibilités aux risques psycho-sociaux, il n’émerge aucune définition claire dans une littérature pourtant prolifique, quelle qu’elle soit : profane, sociologique, psychologique, médicale ou juridique. Les mots « cristallisent les valeurs, les croyances et les angoisses propres à leur époque et à leur société. Ils témoignent de la manière dont est perçue la souffrance, la façon dont elle est dite. Inversement, ces mots influent les individus à leur insu, et leur dictent comment comprendre et vivre leurs problèmes » [4].

    Dès lors, la notion de souffrances au travail, traitée dans la mise en scène des plaintes qu’elle contient, est susceptible de renvoyer à une personnalisation du rapport au travail, de voiler sa complexité et de la réduire à sa simplification abusive. « Si les liens entre douleur et souffrance sont multiples, ils sont toujours une équation du sens vécu par l’individu et du contexte dans lequel il est impliqué. Douleurs et souffrances sont toujours au pluriel » [5].

    Pour dépasser ces apories et tenter de saisir la complexité du phénomène, je suis alors fondée à me questionner : à quelles conditions le phénomène des souffrances au travail, dans sa désignation et dans la réalité de son traitement social actuel, est-il compréhensible ?

  • L’ésotérisme grand public : l’œuvre de Robert Charroux et sa réception. Étude sociologique.
    Par Damien Karbovnik

    Robert Charroux (1909 - 1978) est de ces auteurs qui marquent une époque, sans toutefois parvenir à passer à la postérité. Il accède à la célébrité en 1963, lorsque paraît son premier ouvrage, Histoire inconnue des hommes depuis 100 000 ans. Cet ouvrage, au contenu atypique, se propose de réviser l’histoire de l’humanité afin d’en dégager les faits authentiques tels que, selon lui, ils se seraient réellement passés. Pour ce faire, il utilise de nombreuses théories ésotériques et affirme, par exemple, que des extraterrestres seraient à l’origine des pyramides d’Égypte ou des lignes de Nazca au Pérou. Plus encore, il mêle les extraterrestres à toute l’histoire de l’humanité et va jusqu’à affirmer que les différents dieux ne seraient rien d’autre que des extraterrestres : c’est la théorie des Anciens Astronautes ou néo-évhémérisme, pour reprendre le terme de Jean-Bruno Renard. Il publie ensuite sept autres ouvrages, à raison en moyenne d’un tous les deux ans, jusqu’à sa mort en 1978. Dans chacun d’eux, il étaye les thèses de son premier ouvrage au gré de ses nouvelles recherches et découvertes. Tous connaissent un important succès, au point que, de son vivant même, il est traduit en anglais, en espagnol et en italien.

  • Anthropologie de la circulation des objets et des pratiques
    Par Amélie Mogoa Boussengui

    Ce travail se propose d’apporter un éclairage sur les usages de ces objets cultuels et rituels et leur circulation chez les Mitsogho au Gabon aussi bien qu’à l’extérieur de cette communauté. Soulignons d’abord que les Mitsogho sont situés au sud du Gabon et classés dans le groupe linguistique B30. Le mot « circulation » renvoie dans ce cadre au transfert d’un objet d’une personne à une autre, d’un endroit à un autre. Il s’agit dans ce travail de la circulation des objets au sein des communautés qui les produisent, notamment dans les lignages (transmission d’un héritage de génération en génération) ; au sein des confréries (entre maître initiateur et initié), dans les marchés (entre vendeur et acheteur) et aussi bien de leur sortie pour intégrer les musées (pour l’exposition et la commercialisation). Les objets cultuels constituent l’ensemble des objets tels les masques, statues, statuettes-reliquaires, poteaux sculptés, chasse-mouches, cannes rituelles, peaux d’animaux, ossements humains et animaux, débris de végétaux etc., auxquels les détenteurs vouent un culte. Les objets rituels sont ceux servant dans des traitements thérapeutiques et pour se prémunir de toute attaque de sorcellerie, tels que la « corbeille rituelle » de l’initié, les talismans etc.

  • Naissance et essor des arts martiaux mixtes : des ressources documentaires au ring
    Par Yann Ramirez

    Free Fight, Combat libre, Ultimate Fighting, les termes sont nombreux pour décrire cette discipline sportive génériquement et mondialement appelée : Mixed Martial Arts (MMA). Au cœur d’un débat qui agite le domaine des sports de combat, l’engouement pour cette pratique s’insère dans le débat public. Cette nouvelle pratique sportive est autant en vogue à travers le monde que décriée en France. En langue française, le MMA est traduit par les arts martiaux mixtes, arts martiaux mélangés ou arts martiaux modernes. Il est caractérisé par une moindre codification que les autres sports de combat.


Dernier ajout : mardi 1er avril 2014. — © RUSCA 2006-2017
Maison des Sciences de l'Homme de Montpellier
17 rue Abbé-de-l'Épée — 34090 Montpellier — France
msh-m.fr - contact@msh-m.org
Accueil de la MSH-M