Détournement

  • Lust d’Elfriede Jelinek : une stratégie de détournement
    de la langue de bois patriarcale
    Vanessa BESAND
    Université de Bourgogne

    RÉSUMÉ

    Avec Lust, la romancière et féministe autrichienne Elfriede Jelinek tente de révéler la fausseté des discours propres à la classe masculine et renvoyant à toute une idéologie : celle de la supériorité de l’homme sur la femme. Elle utilise pour cela le contenu de cette langue de bois qu’elle subvertit habilement. À partir d’un travail narratif et stylistique, fondé à la fois sur la distanciation ironique et sur l’auscultation et la légère modification des mots et des formules, elle dénonce la domination injustifiée du patriarcat et parvient finalement, au moyen de cette langue indirecte et détournée, à faire œuvre créatrice en s’insinuant dans les failles du discours idéologique.

    Mots-clefs :
    Féminisme – Patriarcat – Langue – Mythes – Distanciation – Ironie – Détournement

    ABSTRACT

    With Lust, the Austrian feminist novelist Elfriede Jelinek tries to reveal the falsity of the discourses of the masculine class which refer to an ideology : that of the superiority of men to women. To this aim she uses and shrewdly twists men’s language. From a narrative and stylistic exercise based on both ironic distance and slight alteration of words and phrases, she denounces the unjustified patriarchal domination and she finally succeeds in creating a literary work, thanks to this indirect language and to her skill at creeping into the flaws of the ideological discourse.

    Keywords :
    Feminism – Patriarchy – Language – Myths – Distance – Irony – Subversion

  • Le cinéma sous Vichy : exemple d’une jeunesse
    à contre-courant
    Delphine CHEDALEUX
    Université de Caen Basse-Normandie

    RÉSUMÉ

    Cet article propose une analyse des rapports existant entre la langue de bois du régime de Vichy et la création filmique française sous l’Occupation, c’est-à-dire entre 1940 et 1944. Plus précisément, il décrypte les parts d’adhésion et d’opposition à la langue de bois vichyste des films de cette période, à travers l’exemple des représentations filmiques des rapports de sexe caractérisant les figures de la jeunesse. L’article montre, particulièrement à travers l’exemple des Visiteurs du soir (Marcel Carné, 1942), que les films de l’époque parviennent à faire cohabiter des aspirations contradictoires, entre les modèles sociaux promus par Vichy et les aspirations divergentes du public de l’époque.

    Mots-clefs :
    Cinéma – Jeunesse – Occupation – Censure – Révolution Nationale – Idéologie – Contestation – Rapports sociaux de sexe – Les visiteurs du soir – Marcel Carné

    ABSTRACT

    This article proposes an analysis of the relationship between Vichy’s langue de bois* and French cinema under German occupation, i.e. between 1940 and 1944. More precisely, it deciphers what pertains to adhesion and to opposition to Vichy’s langue de bois in films of this period, through representations of gender characterizing the figures of youth. The article, particularly through the example of Les visiteurs du soir (Marcel Carné, 1942) shows that the films of the era manage to make cohabit contradictory aspirations, between the social models promoted by Vichy and the divergent aspirations of public.

    * There is no straightforward equivalent to the French phrase langue de bois although it is akin to political correcteness in the English speaking world.

    Keywords :
    Cinema – Youth – German Occupation – Censorship – National Revolution – Ideology – Contest – Gender – Les visiteurs du soir – Marcel Carné

  • Les positions complémentaires
    du Caravage et de Velasquez
    face aux attentes des commanditaires,
    détournement et réappropriation
    Bruno TRENTINI
    Université Paris I Panthéon - Sorbonne

    RÉSUMÉ

    À travers une étude de la composition Des Ménines de Vélasquez et de La Cène à Emmaüs du Caravage, ce texte présente la manière dont ces deux peintres manient l’art de la concession afin de parvenir à créer face à la langue de bois. La langue de bois est celle des commanditaires qui, attachés à une certaine tradition, qu’elle soit liée à la famille royale d’Espagne ou au Christ, freinent par leurs attentes l’innovation artistique. Or, en déployant un vocabulaire plastique nouveau, en jouant sur les raccourcis en perspective ou le miroir et son reflet, Vélasquez et le Caravage parviennent à dépasser ce qui semble être l’ultime gageure de l’artiste : plaire sans complaire.

    Mots-clefs :
    Commanditaire - Vélasquez - Ménines - Caravage - Cène à Emmaüs - Composition - Concession - Innovation - Miroir - Perspective - Raccourci - Reflet - Tradition

    ABSTRACT

    Through a composition study of Las Meninas (Maids of honour) by Velasquez and Supper at Emmaus by Caravaggio, this text offers an analysis of the way in which the two artists use the art of concession to achieve creation despite the langue de bois*. The langue de bois is that of the backers who put a damper on artistic innovation because of their connection to a certain tradition, be it related to the Spanish Crown or to Christ. However, by the use of a new plastic vocabulary, of shortcuts in the perspective or of the mirror and its reflection, Velasquez and Caravaggio eventually go beyond what seems to be the ultimate challenge for an artist : to please without flattery.

    * There is no straightforward equivalent to the French phrase langue de bois although it is akin to political correcteness in the English-speaking world.

    Keywords :
    Backer - Velasquez - Meninas - Caravaggio - Supper at Emmaus - Composition - Concession Innovation - Mirror - Perspective - Shortcut - Reflection - Tradition.


 
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