La « figuration » du fantasme chez Pierre Klossowski et Jean Genet

Fabrizio Impellizzeri

Mots clés
Fantasme, pulsions, désir, vision, mise en scène du corps, image sublimée, peau, magnificence du corps, métonymie.

Résumé
Jean Genet et Pierre Klossowski recourent à l’écriture, au cinéma et à la peinture pour se reconstruire un univers en mesure d’expurger leurs fantasmes. C’est dans ce monde dédoublé, imaginaire, réel miroir de l’Autre, que se réalisent les pulsions que la réalité normalement porte à refouler.
Articulés sur le fantasme, les ouvrages se prêtent donc, dans leur production, à une critique et à une lecture psychanalytique. Trace indélébile de l’inconscient, le discours s’offre à une décodification de ses symboles et des jeux qu’ils entament dans l’écriture. Née d’une fantasmatique, l’œuvre est le lieu à l’intérieur duquel l’Autre se manifeste en incarnant le corps des différents personnages qui peuplent les romans de façon presque compulsive. L’écriture est donc de façon latente ou manifeste, le support d’un désir, le contour d’une « figuration ». Manifestations du désir, les œuvres de Genet et de Klossowski sont à lire en tant que révélations de leur monde fantasmé par l’usage d’un langage et d’une sémiotique qui leur est propre. Freud, puis Lacan, nous ont appris que la parole porte en elle les raisons de sa production. L’art, la littérature, le roman deviennent donc le lieu collectif où la parole s’exerce par une symbolique. L’analyse psychanalytique et linguistique des œuvres offre donc une clef de lecture du signifiant et de ses symboles. De ce fait, la lecture psychanalytique du texte nous amène à concevoir le langage du désir comme un langage qui n’est plus uniquement celui du sujet parlant, du Moi, mais surtout celui qui traduit la pensée du sujet désirant, du Ça. L’objet du désir, l’autre, coïncide dès lors avec l’Autre, sujet désirant. Le langage est donc un simulacre dont on se sert pour révéler quelque chose.
L’artiste arrive à un compromis intersémiotique entre l’image et l’écriture qui la traduit. L’image qu’il décrit doit devenir palpable, être « figurative », elle doit habiter l’esprit de son lecteur qui changeant de statut devient son spectateur.

Abstract
The « figuration » of the ghost in Jean Genet and Pierre Klossowski
Jean Genet and Pierre Klossowski have turned to writing, the cinema and painting in order to reconstruct a universe capable of expurgating their erotic fantasies The impulses which reality usually tends to repress are fulfilled in this imaginary dual world, a real mirror of the “Other”.
Centered on phantasms, their works admit a psychoanalytic reading and criticism. The speech, as an indelible trace of the unconscious, allows a decoding of symbols and plays upon words set out into the writing. Once born from a phantasmagoria, this work is the place within which the “Other” manifests itself, embodying different characters who almost compulsively crowd the novel. Thus, in a latent or manifest way, the text becomes the support of desire, and the contour of a “figuration”.
Manifesting desire, Genet’s and Klossowski’s works must be read as a revelation of their haunted worlds by means of a language and semiotics which are their own. Freud, and then Lacan, have taught us that words spawn literary production. Thus, art, literature and the novel have become the collective place where words exist as symbolic reconstructions.
In this context, the psychoanalytic and linguistic approaches offer a way to the interpretation of the signifier and its symbols. The psychoanalytic reading leads us to conceive the language of desire as not only related to the subject “I” but rather to the ‘it’ or the object of desire, the Other ; then, language is a simulacrum used to reveal something.
The artist comes to an inter-semiotic compromise between the image and the writing translating it. The image which is described must become palpable and “figurative” ; it must live in the spirit of his reader who, changing status, becomes his viewer.

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