Le mythe d’Andromède à l’épreuve du postmodernisme :
« The Little Puppy That Could » de Martin Amis

Luc VERRIER
Études anglophones, Université Paul-Valéry, Montpellier III


Résumé :

Cet article interroge la manière dont Martin Amis dans la nouvelle intitulée « The Little Puppy That Could » utilise le substrat actantiel et thématique du mythe d’Andromède pour dramatiser la condition post-moderne. Si la veine gothique et dystopique de la nouvelle est tout d’abord mise au jour, cet article s’attache dans un deuxième temps à montrer que le lugubre et le désespoir ne constituent qu’une tonalité de surface qui promeut un discours anti patriarcal, lequel mine l’édifice sexiste de l’hypotexte ovidien. Enfin, l’humour, la parodie et une dose d’auto-dérision caractérisent l’écriture d’une nouvelle qui réaffirme l’engagement humaniste d’un satiriste polymorphe.


Mots-clés :

Postmodernisme – palimpseste – gothique – dystopie – patriarcat – humour – parodie - auto-dérision – humanisme


Abstract :

This article interrogates the way in which Martin Amis, in « The Little Puppy That Could », uses the hypotextual myth of Andromeda to dramatise the human condition. After diagnosing the gothic and dystopian vein of the short story, this article strives to show that the seemingly dark despair of the tale is but the surface level of a text promoting a discourse which undermines the patriarchal edifice of the Ovidian myth. Finally, humour, parody and a touch of self-derision characterise the style of a short story that reaffirms the humanist commitment of a polymorphous satirist.


Keywords :

Postmodernism – palimpsest – gothic – dystopia – patriarchy – humour – parody - self-derision – humanism



Le mythe ne saurait a priori jouer aucun rôle dans l’univers fictionnel de Martin Amis tant cet écrivain britannique contemporain emblématise l’écriture dite postmoderne qui semble de prime abord remettre en cause le récit mythique (qu’il soit récit des origines, explication du monde, mythe de transformation ou illustration d’un comportement exemplaire), lequel n’est autre qu’un méta-récit à l’égard duquel la condition postmoderne se montre incrédule, si l’on en croit Jean-François Lyotard [Lyotard 1979, p. 63]. Cette pierre d’achoppement ne constitue que le premier écueil car le mythe met fréquemment en scène des dieux antiques et des héros fabuleux alors que les textes amisiens décrivent des déclassés vivotant dans un univers urbain, en apparence dénué de tout sens. Ce qui explique en partie pourquoi, au sein du postmodernisme contemporain, Amis jouit de la triste étiquette d’écrivain sordide qui travestit son nihilisme et son sexisme par des prétentions intellectuelles n’arrivant cependant point à masquer le dangereux posthumanisme de sa fiction [Brookner 1997, p. 36].

Il est cependant une œuvre de Martin Amis, « The Little Puppy That Could », quatrième et avant-dernière nouvelle du recueil Einstein’s Monsters publié en 1987, qui se présente comme une réécriture du mythe grec d’Andromède, comme le font brièvement remarquer James Diedrick et John Dern, les deux spécialistes anglophones des écrits de Martin Amis [Dern 2002, p. 102 ; Diedrick 2004, p. 114]. C’est ce sillon mythologique qu’il s’agira de creuser plus avant.

La fin du livre IV et le début du livre V des Métamorphoses rapportent qu’Andromède, fille de Céphée et de Cassiopée, est une jeune princesse d’ascendance divine car elle est l’arrière petite-fille du Dieu Hermès. Cassiopée, en prétendant qu’Andromède était plus belle que les Néréïdes, offensa les nymphes qui se plaignirent à leur père, Poséidon, lequel envoya un serpent marin ravager la contrée. L’oracle d’Ammon déclara alors qu’Andromède devait être livrée au monstre et fut à cet effet enchaînée à un rocher au pied d’une falaise. Persée l’aperçut alors qu’il volait dans les airs grâce à ses sandales ailées, et tomba amoureux d’elle. Il obtint de ses parents la promesse que s’il triomphait du monstre il pourrait épouser Andromède. Après avoir tué le monstre, il délivra Andromède et prit possession de sa récompense. Cette dernière ayant toutefois déjà été promise à son oncle Phinée, Ovide raconte au début du livre V comment Phinée, à la tête d’une troupe armée, vint troubler le mariage bien décidé à récupérer sa promise. Mais Persée, avec la tête de la Gorgone, pétrifia ses adversaires, dont Phinée. Les jeunes mariés coulent alors des jours heureux, avant d’être finalement placés parmi les étoiles [Ovide IV, 663-801 ; V, 1-235].

Tout en conservant les grandes caractéristiques du récit mythique (le courroux d’un animal sanguinaire, le sauvetage in extremis de l’innocente victime propitiatoire et l’histoire d’amour), « The Little Puppy » relate plus précisément l’affection qu’une jeune fille dénommée Andromède porte à un chiot errant qu’elle recueille. L’héroïne vit dans une contrée anonyme et post-apocalyptique qui est terrorisée par un monstre assoiffé de sang humain. Alors que la jeune femme est sur le point d’être sacrifiée, la bête immonde est terrassée par le jeune chiot qui semble mourir lors du combat. Le soir venu, l’esprit du chiot se réincarne pourtant en un beau jeune homme, prêt à combler d’amour Andromède.

Pour faire rendre sens à la nouvelle de Martin Amis, l’on analysera tout d’abord le régime de la terreur sur lequel repose le texte. Il s’agira ensuite de montrer comment le romancier transforme le mythe en conte de fées, réécriture générique qui permettra de réfuter le prétendu sexisme de la nouvelle. L’on tentera enfin de recenser et de comprendre les procédés humoristiques de distanciation qu’Amis incorpore à sa version du mythe d’Andromède.

* * *

En dramatisant comment une petite communauté vit sous l’empire d’un chien, mutation génétique qui ne vit que pour tuer, chaque substance de son corps étant mortifère, Martin Amis recycle et amplifie la terreur et l’horreur inhérentes au mythe d’Andromède. Le prédateur canin s’apparente à une créature mythique dans la mesure où, à l’instar de Méduse, il possède des yeux mortifères : « His eyes were a scurvy yellow » [p. 98], « malarial eyes » [p. 115] [1]. Ces métaphores nosographiques qui dévoilent combien le chien, partout accompagné par l’odeur de la mort, est semblable à un fléau bactériologique, consolident la veine fabuleuse d’une nouvelle qui tire son effet tant du mythe que de la science-fiction. Alors qu’Ovide reste silencieux sur les moyens dont use le serpent marin pour terroriser la contrée du roi Céphée, Martin Amis rend l’hypotexte antique plus lugubre encore en faisant du chien un avatar animal d’un vampire « religieusement homovore » [p. 99]. Ce syntagme adjectival atteste que la nouvelle est fondée sur le palindrome entre les termes « god » et « dog », le retournement de perspectives qui fait écho à la transposition formelle qu’opère Martin Amis. En effet, à la différence du mythe antique qui a recours à un serpent marin, animal d’emblée effroyable, la nouvelle d’Amis se joue des représentations culturelles du lecteur en faisant du meilleur ami de l’homme l’ennemi du genre humain. Grâce au chien, l’animal domestique par excellence, Amis donne l’impression de retrancher au mythe une part d’extraordinaire alors que l’effet produit sur le lecteur est d’autant plus saisissant que même le familier se fait Unheimlich. Faire du chien l’opposé de l’humanité atteste l’imaginaire décalé, voire provocateur, d’un écrivain dont le manifeste littéraire s’appuie sur la lutte contre toutes les formes de clichés : « To idealize : all writing is a campaign against clichés. Not just clichés of the pen but clichés of the mind and the heart » [Amis 2001, p. xv] [2].

Amis adapte en outre le mythe d’Andromède au monde anglo-saxon contemporain. La nouvelle évoque en effet la légende de saint Georges [3] tant le chien est doté des attributs traditionnels du dragon, le souffle enflammé notamment : « the torch of breath, the scalding saliva playing on his rear » [p. 93] ; « Horror was when the beast was actually there, the flames of its breath at the opening of the burrow » [p. 96] ; « the bunsen of inflamed saliva and gums » [p. 116] [4]. Un tel réseau d’images met en lumière comment le traitement du monstre antique repose dans la nouvelle amisienne sur une translation spatiale et culturelle qui vise à en accroître le caractère spectaculaire. Si le serpent marin du mythe sert Poséidon en terrorisant par les flots, le chien anthropophage, étant associé au feu, est plutôt un suppôt d’Héphaistos, comme le figure le lieu où il vient récupérer ses victimes : « a flaming parabola : a swan-neck, a scythe » [p. 89-90], « the scythe of fire » [p. 116] [5]. L’évocation de la faux, attribut canonique de la mort allégorisée, accroît le symbolisme dysphorique du feu qui, pour poursuivre la lecture biblique, aurait tôt fait d’évoquer les flammes de l’enfer. Le rocher auquel est attachée Andromède prend dans la nouvelle d’Amis l’aspect d’un bûcher funéraire, transposition d’autant plus symbolique qu’il s’apparente à un réacteur nucléaire : « the edge of the crater, the core, the deep dish and its great query of fire. […] No one fed the fire but it burned anyway, with no fuel—but with fission, perhaps ; perhaps fission’s daughters lay trapped beneath the crust » [p. 106] [6]. Le chien-dragon, de connivence avec ce lieu maléfique, symbolise la menace nucléaire qui pèse sur l’humanité tant à cause du nucléaire civil qu’à cause du nucléaire militaire, le chien monstrueux est comparé à une arme nucléaire : « a blind missile » [p. 116] [7]. De même, le souffle exterminateur qui s’échappe de la gueule du chien-dragon évoque le souffle dévastateur de l’explosion nucléaire. L’allégorisation du monstre et du bûcher funéraire ne saurait échapper au lecteur tant son horizon d’attentes est déterminé par l’introduction polémique anti-nucléaire et les trois nouvelles précédentes qui font de Einstein’s Monsters un brûlot anti-nucléaire. « The Little Puppy » est par conséquent typique d’un recueil qui milite pour dessiller les yeux des lecteurs et leur faire prendre conscience de la dangerosité du nucléaire, dans le contexte de la guerre froide et de la course aux armements à laquelle se livraient dans les années 1980 l’URSS et les États-Unis.

La dramatisation de la terreur repose de surcroît sur un sentiment d’urgence qui esquisse, par le procédé du compte à rebours et par l’évocation de la fin des temps, l’éventuelle extinction de l’espèce humaine. L’urgence explique pourquoi le texte dénonce par la technique du repoussoir la passivité coupable des villageois par le truchement d’un jeu de mots sarcastique : « we all know the normal posture of the village when the dog was on its way. It played dead » [p. 112] [8]. Tout attentisme entraînera non un simulacre de mort mais une mort certaine, prophétie exprimant que le nucléaire a le pouvoir de mettre fin à l’humanité si l’homme ne met pas rapidement un terme au nucléaire. Voilà le dilemme de la condition humaine contemporaine selon Martin Amis, condition caractérisée par de fortes angoisses eschatologiques.

La nouvelle de Martin Amis mâtine en outre le mythe d’Andromède de préoccupations ontologiques en suggérant que le monstre est à l’origine de multiples dérèglements physiques et physiologiques qui mettent déjà en péril la qualité génétique de l’espèce humaine, comme le montre l’apparition d’une classe sociale regroupant les « Tordus » et les « Malévolués ». À cause du nucléaire, l’évolution humaine s’inverse au profit d’une dégénérescence rapide de l’espèce, ces multiples déformations confirmant le diagnostic sombre que fait Martin Amis dans la note de l’auteur introduisant le recueil : « We are Einstein’s monsters, not fully human, not for now » [p. ix] [9].

Ainsi, contrairement au postulat émis par certains critiques, « The Little Puppy » dépeint la déchéance humaine contemporaine sans s’y résoudre. Le mythe constitue l’instrument du satiriste qui vilipende certaines dérives contemporaine, au premier rang desquelles la science. En effet, à la différence du mythe ovidien, le chien barbare n’est pas engendré par une entité divine. Il est le fruit de la modernité, enfanté par les découvertes chimiques : « The dog’s chief personal breakthrough was his coat, which was thick, patchy, fungoid and yet synthetic-looking, too shiny, like rayon or lurex » [p. 99] [10]. Ce blason embryonnaire suggère que le progrès n’est qu’un leurre, ce que traduit le néologisme « lurex » qui, par-delà ses connotations ultra modernes, renvoie au prédicat « lure » qui signifie « attirer pour duper ». Le prétendu progrès scientifique fait choir et déchoir l’humanité. Une telle accusation souligne une autre différence majeure avec le mythe antique : la vanité de la mère d’Andromède est supplantée par l’hubris des apprentis sorciers que sont les scientifiques dont les fautes conduisent l’espèce humaine à sa perte. L’adjonction d’une dimension faustienne au mythe antique s’exprime par le fait que les scientifiques semblent avoir courroucé, par leur outrecuidance, la nature dans son entièreté, comme le montre la référence à la colère des étoiles, et notamment à la colère de l’astre dénommé Andromède : « The sky said war…‘War,’ declared the sky. Up above, the evening stars were sending light, the nuclear way, their fuel-counts stretched by vast equations, pulsar, quasar, giant and dwarf—with Andromeda burning too in rich implosions, changing and charging through the electric firmament » [p. 110] [11]. Derrière cette métaphore astrale, tutoyant le sublime, se loge une leçon écologique qui incite l’homme à faire preuve d’humilité et à respecter la nature. C’est ce que montre de manière encore plus univoque la deuxième référence à la constellation d’Andromède : « What do animals love, that way ? Everything, the whole world, more, even the stars up there—stars like the star called Andromeda, fixed in the scattered heavens, burning bright » [p. 104] [12]. In fine, le soi-disant post-humanisme amisien constitue seulement le point de départ d’une nouvelle vilipendant l’homme contemporain. Indice que la réputation sulfureuse de Martin Amis est usurpée, « The Little Puppy » déplore le monde post-humain créé par le nucléaire pour mieux suggérer que l’on peut et doit reconquérir l’humanité perdue en mettant à mort la bête nucléaire. Même si cette « fable mythique » [Diedrick 2004, p. 114] décuple la veine lugubre du mythe d’Andromède, la tonalité dystopique ne dérive jamais vers le nihilisme mais sert au contraire une satire écologique et humaniste.

La tonalité dystopique de la nouvelle est estompée par le fait que Martin Amis récrit le mythe d’Andromède comme s’il s’agissait d’un conte de fées des temps modernes. Pour ce faire, Amis ajoute au mythe antique la thématique du double, comme l’atteste la métamorphose finale de Jackajack qui, tel un chevalier ou un prince après l’épreuve du feu, réapparaît sous les traits harmonieux de John. Grâce à cet emprunt au mythe du phénix, « The Little Puppy » devient un texte du renouveau, la renaissance possible de l’humanité étant couchée en termes shakespeariens car les deux derniers mots (« new world ») font écho au « brave new world » de The Tempest [V, 1]. Le meilleur des mondes possibles est encore à portée de main. Les promesses que porte le futur s’appuient sur une restauration des caractéristiques physiques de l’être humain, comme le montre l’avant-dernière phrase du texte mettant en scène un homme fort viril qui tranche avec les Untermenschen du village : « His arms were strong and warlike as he turned and led her into the cool night » [p. 118] [13]. La fraîcheur connote le retour du bonheur après la chaleur mortifère de la forge nucléaire et, comme dans les contes de fées, beauté et bonté se complètent pour marquer le retour de l’espoir en l’avenir.

Car la clausule euphorique peut être lue comme une restauration de la masculinité, elle constitue toutefois pour certains exégètes le regrettable retour de l’hégémonie masculine sur la gent féminine [Dern 2002, p. 104 ; Diedrick 2004, p. 115]. John apparaît comme le nouveau chef du village qui impose d’emblée sa loi sur la femme, qui semble ainsi cantonnée au rôle de subalterne, voire de servante. Du point de vue de « l’effet-valeur » [14], la propension patriarcale du mythe antique [15], dans lequel le serpent marin peut être lu comme une « vagina dentata » que doit dompter le mâle pour réaffirmer sa suprématie [Laframboise et Siguret p. 16], semble donc respectée, voire amplifiée par l’ajout des topoi du conte de fées, genre souvent défini comme conservateur. L’explicit trahirait donc le caractère résolument conservateur de la fiction d’Amis.

Si l’on considère l’utilisation globale du mythe d’Andromède que propose Martin Amis et la dynamique idéologique dans laquelle s’inscrit la clausule, les réserves émises par une partie de la critique ne semblent pourtant pas tenables. Il apparaît plutôt que l’exploration du mythe antique proposée par Martin Amis réduise fortement la dimension patriarcale du texte originel. L’hypertexte amisien accorde par exemple un rôle fortement accru à Andromède qui acquiert une voix que lui refusait le mythe antique. Dans le récit ovidien en effet, Andromède est une victime propitiatoire fort silencieuse qui, en présence de Persée, se tait par pudeur et finit par expliquer sa détresse de peur d’offenser le héros. Or, les paroles de la jeune femme sont médiatisées par le poète et donc retranscrites en discours indirect. En d’autres termes, la voix d’Andromède est étouffée par les hommes qui l’entourent alors qu’elle résonne avec force dans la nouvelle amisienne qui lui donne littéralement voix au chapitre. Andromède jouit en effet d’innombrables répliques, de plusieurs monologues et obtient littéralement le mot de la fin car elle prononce l’ultime réplique (« ‘John,’ she said » [p. 117]), comme si elle possédait le pouvoir de conférer à l’homme son identité. Plus qu’une « transvocalisation », qui désigne le passage d’une voix à une autre » [Genette 1982, p. 292], Martin Amis libère la jeune fille en lui ôtant le bâillon que lui imposait le récit antique.

Plus significative encore est la transposition du schéma actantiel qui permet à Andromède de jouer dans la nouvelle un rôle actif et central alors qu’elle occupe une place secondaire, voire nulle, dans le récit d’Ovide. Pour le poète latin en effet, l’histoire d’Andromède ne représente rien d’autre qu’un épisode dans les aventures de Persée, la vie de la jeune fille étant subsumée par l’existence du héros. Martin Amis, au contraire, se concentre sur l’histoire d’Andromède, laquelle devient l’agent majeur du texte. Non seulement elle adopte le chiot, alors qu’il n’a encore prouvé ni sa valeur ni son utilité, mais le fait également accepter aux villageois, malgré les réticences de sa mère qui redoute une éventuelle parenté avec le chien monstrueux. L’indépendance d’esprit de la jeune fille démontre que c’est elle qui fait indirectement le salut de la communauté et que c’est elle qui est la médiatrice du renouveau esquissé en fin de nouvelle. Andromède se libère donc manifestement du joug de ses parents. En outre, malgré l’irritation scandalisée de sa mère, elle change de prénom. En choisissant Andromède, elle coupe tout lien avec ses parents et reconquiert sa féminité car le nom dont elle était affublée, Briana, prénom inventé par paragoge ou épithèse à partir du prénom masculin Brian, symbolise l’infériorité du féminin qui ne semble être qu’une excroissance du masculin. « The Litte Puppy », en valorisant le rôle des enfants qui se font rois dans la clausule [16], semble ainsi habité par l’idée romantique et wordsworthienne que l’enfant, la fille chez Amis, est le père/la mère de l’humanité.

Par un jeu de balancier, l’amplification du rôle joué par Andromède se fait au détriment de ses parents, figures cacochymes et ridicules, dont la dévalorisation transgresse l’idéologie patriarcale et conservatrice du mythe ovidien dans lequel les parents d’Andromède jouissent sur leur fille, à l’image d’Agamemnon sur Iphigénie, d’un droit de mort. Ovide lui-même le relève, Andromède est punie pour expier la faute maternelle : « Là [sur le rocher] Andromède payait d’un châtiment immérité le langage insolent de sa mère, sur l’ordre de l’impitoyable Ammon » [Ovide p. 157]. En outre, pour obtenir l’aide de Persée, Céphée et Cassiopée promettent au héros la main d’Andromède, récompense qu’ils avaient déjà promise à Phinès, l’oncle de la jeune fille. Même si dans le mythe antique l’amour motive Persée lorsqu’il délivre Andromède, la bravoure du héros n’en est peut-être pas moins décuplée par la perspective de son prix charnel, suite au « marché » [17] conclus avec les parents d’Andromède selon lequel s’il tue le serpent, Andromède deviendra son épouse. La jeune fille se voit réifiée et réduite à un bien meuble qui passe de mains d’hommes en mains d’hommes. L’image de la femme-objet est totalement évacuée dans la nouvelle de Martin Amis car Andromède s’enchaîne au bûcher funéraire suite à une loterie qui l’a désignée. Le hasard remplace la volonté dictatoriale des parents et des dieux. Pour reprendre la terminologie castratrice de Gérard Genette, Amis procède à « l’excision », c’est-à-dire à la « suppression pure et simple », des aspects les plus patriarcaux du mythe [Genette 1982, p. 323].

L’accusation de sexisme concernant la clausule a tôt fait de voler en éclats si l’on s’intéresse plus avant à la toute dernière phrase du texte qui fonde le renouveau de l’humanité sur l’alliance des deux sexes, au-delà de toute hiérarchie : « They stood together on the hilltop and gazed down at their new world » [p. 118] [18]. Alors que dans le mythe ovidien, Persée seul décide de renoncer au royaume donné par son beau-père pour retourner régner sur les terres de ses ancêtres, le retour à l’équilibre et la restauration de l’équilibre passe, dans « The Little Puppy », par une collaboration entre les deux sexes et se refuse à avaliser toute domination masculine.

Par conséquent, grâce à la condensation voire à l’excision du rôle des parents et grâce à l’expansion du rôle joué par Andromède, la nouvelle souligne moins les valeurs du patriarcat et du sexisme qu’elle ne loue les mérites de la jeunesse, de l’égalité des sexes et de la réciprocité de l’amour. Amis retourne le présupposé idéologique du mythe, aggiornamento qui montre le caractère infondé des charges de machisme à l’égard de cette nouvelle.

Si elle se veut éminemment édifiante, la nouvelle de Martin Amis ne saurait être confondue avec un tract idéologique tant elle n’omet jamais de divertir : la transformation du récit ovidien par la plume amisienne repose également sur l’adjonction de procédés humoristiques de distanciation. En effet, la nouvelle de Martin Amis se laisse difficilement appréhender au premier degré. En plus d’être une littérature au second degré ou de seconde main en ceci que la nouvelle recycle un mythe fondateur, le texte présente de nombreux éléments de distanciation (ironiques, parodiques, voire auto-parodiques) qui soulignent comment l’humour affleure régulièrement lors de la lecture.

À l’opposé du sérieux univoque et monolithique du récit d’Ovide, le texte d’Amis démythifie sans fard le chiot, lequel est présenté sous les traits d’une créature ridicule loin d’un deux ex machina canonique : « He hurtled towards them, then leapt into the air and swivelled, skidlanding back-first at their feet—the four paws limply raised, the shivering tail, his soft belly exposed in reflexive surrender and trust » [p. 90] [19]. Contrairement à Persée qui maîtrise les airs grâce à ses sandales ailées, le messie canin relève plus d’Icare ou de Phaéton tant son entrée en scène sous la forme d’un envol avorté dévoile les parties peu nobles de son anatomie. Le recours rabelaisien au bas corporel est sans cesse exploité par Amis dans la mesure où le chiot fait une habitude de montrer son arrière-train [p. 96, p. 114]. Le chiot est d’emblée dépeint comme un Persée de pacotille qui doit combattre un adversaire guère plus noble, comme en témoigne une brève description du chien monstrueux : « of course the dog was as brave as a lion, and a lot stupider » [p. 114] [20]. Le style pseudo homérique de la comparaison éculée (« as brave as a lion ») est vite contredit par l’adjectif dépréciatif au comparatif. Ce n’est pas surprenant car la comparaison est un cliché, un « prêt-à-porter du style » [1981, p. 8] qui souligne le manque d’intelligence de la bête. L’homologation entre le fond et la forme divertit le lecteur qui se moque d’un monstre ridicule. À sa physionomie peu amène s’ajoute une mauvaise mine chronique due à son régime homovore fort nocif : « He looked bad on his diet. There never was a clearer demonstration of the fact that you shouldn’t eat human beings » [p. 99] [21]. Les problèmes gastriques de l’animal ne manquent pas de le trivialiser au point que le chien prend les traits d’un monstre grotesque de dessin animé, emblème d’une publicité dénonçant les ravages du cannibalisme.

En outre, Amis condense la dimension épique du mythe en réduisant à la portion congrue le combat au terme duquel Andromède est délivrée. Deux pages et demie [p. 114-117] sur vingt-neuf, soit moins de dix pour cent y ont trait alors qu’un tiers de la version d’Ovide est consacré à la lutte entre Persée et le monstre marin. Outre la réduction quantitative, le combat à mort que se livrent le chiot et le chien est retranscrit sur le mode journalistique qui rappelle plus le compte rendu d’un rencontre sportive qu’une farouche lutte épique : « Now the little puppy dribbled the red ball into the dog’s path and repeated his bouncing dance with many a coquettish swivel and feint. Gruffly the dog pitched forward. But in a trice the little puppy swooped down on the ball and ran two sharp circles—ten flopped to the ground with his back to the dog, kissing and nuzzling his incomparable prize » [p. 114] [22]. Le phrasé archaïque hérité des combats homériques (« many a coquettish swivel and feint ») ne peut masquer la prédominance du discours journalistique, télescopage entre deux discours qui brouille la distance entre la grande et la petite culture dans une dynamique qui est typique du postmodernisme. À la condensation s’ajoute donc la dévalorisation qui est en outre intrinsèque au choix de la bête. Le chiot, pour attachant qu’il soit, n’est guère puissant, même s’il est toujours qualifié par la relative déterminative « that could », laquelle fonctionne en apparence comme une épithète homérique. En réalité pourtant, ce leitmotiv renforce le ridicule du chien car l’expression est empruntée à une comptine enfantine intitulée « The Little Engine That Could » [Dern 2002, p. 102].

L’idiotie du chiot transparaît aussi grâce à la focalisation interne qui donne accès aux pensées primaires de l’animal, lequel pressent qu’il est appelé à accomplir de grandes choses : « a feeling that may well have been delusive, since he always had it » [p. 91] [23]. La formulation est très sarcastique car la proposition circonstancielle de cause semble indiquer que la destinée glorieuse n’est peut-être qu’un délire mégalomane. In cauda venenum, voilà bien la technique satirique de Martin Amis. De même quand Andromède amène le chiot en secret dans la communauté, il ne doit pas faire de bruit et le lecteur croit à l’intelligence supérieure de l’animal qui reste comme par enchantement muet. Or, la raison de son silence est beaucoup plus prosaïque : « Andromeda sang songs to the top of her voices, lest the little puppy should unwarily choose to whinny or yelp. But the little puppy was very good and didn’t make a sound. (To be honest, he was fast asleep) » [p. 97] [24]. L’aparté drolatique d’un narrateur trop honnête met en exergue le ridicule savoureux du chien anti-héros.

De manière comparable, Andromède est une princesse aux seuls yeux myopes du chiot : « well, she looked—she looked to him like a stern and formidable angel, divine essence, a Power, a Dominion, a Throne, covered in prismatic jewellery, sliding down the sun’s rays. Of course we must remember the little puppy’s poor eyesight… ; oh, that poor little puppy » [p. 96] [25]. Soulignée par les lettres majuscules, la gradation ascendante qui a pour but de mythifier Andromède et de l’élever au-dessus des mortels révèle à son insu le prosaïsme de la jeune fille. La mythification de la Princesse relève donc de la mystification car le chiot est victime d’une illusion d’optique. La quasi littéralisation du cliché selon lequel l’amour rend aveugle permet de se moquer à distance d’un héros moins mythique que miteux.

À la déhéroïsation constante du chien, du chiot éponyme et d’Andromède s’adjoint la constante mise à nu du discours des codes amoureux. Amis fait briller les feux de l’amour dans le cœur du chiot d’une manière trop ostentatoire pour ne pas être subversive : « It was love, unquestionably love, and with classic symptoms » [p. 91] [26]. Amis littéralise le cliché selon lequel l’amour s’apparente à une maladie avant de montrer comment le sentiment dont il parle se veut littéraire et non réaliste, encore moins réel, le topos du coup de foudre étant tellement rebattu qu’il est difficile de le prendre au premier degré. L’impression de déjà vu est partagée par tous, sauf par le chiot qui, comble de l’ironie, ne comprend pas la déclaration d’amour que lui fait Andromède : « All this of course was pure Greek to the little puppy—but who cared ? » [p. 94] [27]. Ce clin d’œil comique au mythe grec est amplifié par la désinvolture insouciante d’un narrateur qui, par une question rhétorique, met en péril l’illusion référentielle et s’amuse à miner la crédulité du lecteur.

Amis va même jusqu’à souligner la littérarité de son texte. Ainsi, alors qu’il décrit très sérieusement le bûcher funéraire où sont dévorées les victimes propitiatoires, il utilise à deux reprises une comparaison très littéraire, le lieu maléfique étant comparé à un point d’interrogation : « a query of fire ! » [p. 90], « its great query of fire » [p. 106] [28]. Le feu devient un signe typographique, mise en avant du signifiant qui prête d’autant plus à sourire que la première occurrence de cette comparaison se clôt sur une autre marque de ponctuation, un point d’exclamation qui fait écho à la surprise jubilatoire du lecteur. La chose littéraire est mise en exergue dans la description du chiot, créature de papier créée pour amuser le lecteur : « his worked jaw forming a question. His question was your question » [p. 90] [29]. La modalité phatique de ce passage constitue une façon plaisante d’impliquer le lecteur dans la construction du texte, ce qui souligne la dimension « scriptible » de la nouvelle. Par conséquent, ces éléments de distanciation ludiques qui minent le pacte réaliste n’étouffent pas la veine didactique mais les deux œuvrent de concert, comme le souligne l’exemple suivant qui incorpore le lecteur : « we don’t want to go » [p. 109] [30]. La foi en l’espèce humaine et en son instinct de survie est réaffirmée par le lien qu’établit le texte avec son lecteur. L’humanisme militant de la nouvelle n’oublie pas qu’une de ses fonctions est de procurer un plaisir esthétique au lecteur dans une œuvre qui sait allier humour et didactisme, distance et engagement.

* * *

Mettre en regard le mythe d’Andromède et « The Little Puppy » permet d’éclairer les grandes articulations de la nouvelle amisienne qui, derrière une façade dystopique, se veut profondément satirique et didactique. Par ailleurs, ce texte est empreint d’une forte dimension ludique qui ne cède à aucun relativisme moral mais sert au contraire à illuminer les valeurs chères à Amis : refus du nucléaire, rejet du patriarcat et du machisme, espoir en l’engagement, foi en la littérature perçue comme un outil pragmatique fort précieux.

Si le contenu idéologique de la nouvelle est emblématique des préoccupations idéologiques de l’œuvre amisienne, la forme l’est moins. En effet, si le mythe constitue le substrat indéniable de « The Little Puppy », il n’en demeure pas moins vrai que les mythes ne constituent pas la pierre angulaire d’une esthétique qui ne fait intervenir le récit antique que comme un outil de compréhension et de préservation du monde contemporain. Toutefois, par son souci d’exemplarité et l’accent qu’elle met sur la transmission du récit, l’écriture de Martin Amis s’apparente lato sensu à une écriture mythique car le grec « muthos » met étymologiquement l’accent sur la « transmission du sens ». Aussi pourrait-on dire que la fiction de Martin Amis s’apparente à une fiction mythique dans le sens où elle s’obstine à faire sens du monde contemporain et à faire signe au lecteur.

Bibliographie

- AMIS Martin (1987), Einstein’s Monsters, London, Vintage.

- AMIS Martin (2001), The War Against Cliché. Essays and Reviews 1971-2000, London, Vintage.

- BROOKNER Anita (1997), « Farewell, My Lovely », rev. of Night Train, by Martin Amis, The Spectator 27 Sept. 1997, 36.

- DERN John (2002), Martians, Monsters and Madonna : Fiction and Form in the World of Martin Amis, New York, Lang.

- DIEDRICK James (2004), Understanding Martin Amis, Columbia, U of South Carolina P.

- GENETTE Gérard (1982), Palimpsestes, Paris, Seuil.

- JOUVE Vincent (2001), Poétique des valeurs, Paris, PUF.

- LAFRAMBOISE Alain et SIGURET Françoise, éds. (1996), Andromède ou le héros à l’épreuve de la beauté, Paris, Klincksieck.

- LYOTARD Jean-François (1979), La Condition postmoderne, Paris, Minuit.

- OVIDE (1992), Les Métamorphoses, trad. par Georges Lafaye, Paris, Gallimard.

- SUHAMY Henri (1981), Les Figures de style, Paris, PUF.

[1] « Ses yeux étaient jaunes scorbut » [p. 98] ; « ses yeux paludiques » [p. 115].

[2] « Pour idéaliser : tout écrit est une campagne contre les clichés. Non seulement les clichés du stylo mais les clichés de l’esprit et du cœur ».

[3] Laframboise et Siguret relèvent à ce propos que « la légende de saint Georges ne serait qu’une christianisation de ce récit fondamental » [p. 16].

[4] « l’haleine enflammée » [p. 93] ; « les flammes de son haleine » [p. 96] ; « le Bunsen de salive et de gencives enflammées » [p. 116].

[5] « une parabole de flamme : un cou de cygne, une faux » [p. 89-90] ; « la faux de feu » [p. 116] ; « l’anneau » [p. 112].

[6] « le cratère béant, où les feux bouillonnaient déjà, veinés de noir, tout en commençant à consumer l’air du soir » [p. 95] ; « Personne n’alimentait le feu, il brûlait toujours, sans combustible, mais avec une fission peut-être ; peut-être que les filles de la fission étaient prisonnières sous la croûte » [p. 106].

[7] « un missile aveugle » [p. 116].

[8] « Nous connaissons tous l’attitude habituelle du village à l’approche du chien. Il faisait le mort » [p. 112].

[9] « Nous sommes les montres d’Einstein, pas complètement humains, pas pour le moment » [p. ix].

[10] « La réussite personnelle du chien était son pelage épais, rapiécé, fongueux et semblait pourtant synthétique, trop brillant comme de la rayonne ou du lurex » [p. 99].

[11] « Le ciel parlait de guerre. C’est la guerre, déclara le ciel. Tout là-haut, les étoiles du soir envoyaient leur lumière, de manière nucléaire, leur masse combustible étendue par de vastes équations, des pulsars, des quasars, gigantesques et nains, et Andromède brûlait aussi en riches implosions, changeait et chargeait à travers le firmament électrique » [p. 110].

[12] « Et les animaux eux, qu’est-ce qu’ils aiment comme ça ? Tout, le monde entier, plus encore, même les étoiles tout là-haut, des étoiles comme celle qui s’appelle Andromède, fichée dans les cieux dispersés, brillant de tous ses feux » [p. 104].

[13] « Ses bras étaient puissants et guerriers. Il se tourna et la conduisit dans la nuit fraîche [p. 118].

[14] Vincent Jouve théorise et décompose l’ « effet-valeur » afin de mieux appréhender comment un texte se réclame de certaines valeurs jusqu’à se faire, parfois, le porte-parole d’un système axiologique [Jouve 2001, p. 9].

[15] Alain Laframboise et Françoise Siguret affirment à cet égard que, dans la « légende d’Andromède », il « ne manque aucun des poncifs qui rendent insupportable l’image de la femme-objet : d’abord injustement punie à cause de l’orgueil de sa mère imbue de sa propre beauté, victime de l’hubris où succombe son sexe, voilà la jeune fille exposée et qui attend son prédateur, nue, liée à un rocher, en larmes, la chevelure flottant au vent » [Laframboise et Siguret p. 15].

[16] La valorisation d’un personnage consiste à lui attribuer, par voie de transformation pragmatique ou psychologique, un rôle plus important et/ou plus « sympathique », dans le système de valeurs de l’hypertexte, que ne lui en accordait l’hypotexte » [Genette 1982, p. 483].

[17] Cette expression mercantile est utilisée par Alain Laframboise et par Françoise Siguret pour souligner la sujétion d’Andromède [p. 15].

[18] « Ils s’immobilisèrent en haut de la colline et baissèrent les yeux sur leur nouveau monde » [p. 118].

[19] « Il se jeta vers eux [les villageois], puis se lança dans les airs et pivota, pour s’abattre en dérapant sur le dos, à leurs pieds, les quatre pattes dressées mollement, la queue tremblante, le ventre doux offert à la vue » [p. 90].

[20] « Bien sûr le chien était aussi courageux qu’un lion, mais beaucoup plus stupide » [p. 114].

[21] « Ce régime n’avait pas l’air de lui réussir. Il n’y avait jamais eu démonstration plus claire du fait qu’on ne devrait pas manger d’êtres humains » [p. 99].

[22] « Alors le petit chiot poussa la balle rouge sur le chemin du chien et recommença sa danse bondissante avec maintes feintes et tours coquets. Le chien fonça lourdement en avant. Mais en un clin d’œil le petit chiot fondit sur la balle et parcourut deux cercles étroits avant de se laisser tomber par terre, le dos tourné au chien pour embrasser et cajoler son prix incomparable » [p. 114].

[23] « un sentiment qui pouvait bien être trompeur car il l’avait toujours eu » [p. 91].

[24] « Andromède chantait à tue-tête, de peur que le petit chiot ne décide étourdiment de couiner ou de japper. Mais le petit chiot était très sage et ne faisait pas le moindre bruit. (À dire vrai, il dormait à poings fermés) » [p. 97].

[25] « Eh bien, elle ressemblait, elle ressemblait, à ses yeux, à un ange sévère et terrible, une essence divine, une Puissance, un Empire, un Trône couvert de joyaux prismatiques, qui glissaient dans les raisons du soleil. Bien entendu, nous devons nous souvenir que le petit chiot avait mauvaise vue … Oh ce pauvre petit chiot » [p. 96].

[26] « C’était de l’amour, ça ne faisait aucun doute, accompagné des symptômes classiques » [p. 91].

[27] « Bien sûr tout ceci était du chinois pour le petit chiot, mais quelle importance ? » [p. 94].

[28] « une question de feu ! » [p. 90] ; « sa grande question de feu » [p. 106].

[29] « sa mâchoire fatiguée formant une question : sa question était la vôtre » [p. 90].

[30] « Nous ne voulons pas nous en aller » [p. 109].

 

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