Anne de Rulman (1582-1632) et l’ère des antiquaires : la quête du passé ou l’élaboration d’une identité « française ».

Par Marianne Freyssinet, Centre de Recherches Interdisciplinaires en Sciences Humaines et Sociales (CRISES-E.A. 4424), Université Paul-Valéry - Montpellier III

Résumé : Intimement liée à l’humanisme, l’ère des antiquaires s’ouvre en France dès le XVIe siècle et donne lieu tout au long de l’époque moderne à de nombreux écrits sur les antiquités du royaume. La figure du nîmois Anne de Rulman (1582-1632), antiquaire du début du XVIIe siècle, témoigne de l’ampleur de leurs travaux : plus qu’une simple reconstitution du passé, les antiquaires participent à une redéfinition du passé. L’histoire des villes et de leurs régions est examinée à travers le recensement des vestiges et l’étymologie des noms. Parallèlement, l’Antiquité, modèle perpétuel, est toujours appelée en filiation alors que l’imaginaire qui l’entoure révèle les goûts et aspirations profondes de ces hommes érudits. Leurs études s’apparentent ainsi à une quête des origines qui prend pleinement part à l’élaboration d’une identité française et qui va permettre à la monarchie d’asseoir un peu plus encore son pouvoir.

Mots clés : antiquaire, réception de l’Antiquité, XVIIe siècle, identité française, quête des origines, historiographie, Rulman.


INTRODUCTION

La Renaissance et avec elle, la tradition humaniste, ont été portées par une admiration pour l’Antiquité qui fut un « élément constitutif de l’attitude des élites européennes tout au long de l’époque moderne » [1].

Parmi les manifestations les plus notoires de ce culte, la figure de l’antiquaire apparaît emblématique. Plus qu’un simple retour sur les civilisations gréco-romaines, la démarche de ces hommes s’apparente à une véritable quête du passé distincte de celle de l’historien et du simple curieux. En effet, l’antiquaire tel qu’on l’entendait dès le XVe siècle par le terme antiquarius doit être compris comme « celui qui étudie les objets anciens, les coutumes, les institutions en vue de reconstituer la vie du passé » [2]. Avec lui, l’objet antique mais également médiéval, prend place au centre de l’étude et permet d’interroger un passé non pas constitué d’événements et de chronologie, mais de faits disparates. Le caractère disparate de ces travaux ne doit cependant pas se départir des motivations profondes d’une recherche qui repose elle, sur une logique et un but bien précis : le désir de retracer l’histoire de son territoire, qu’il s’agisse de sa ville d’origine et de ses localités environnantes ou d’une région plus vaste.

Parmi eux, l’Italien Flavio BIONDO (1396-1463) fait office de précurseur et de fondateur des manuels d’antiquités. En partant de l’observation des ruines de Rome [3], l’auteur ressuscite des formes anciennes d’études particulièrement celles de l’historien romain VARRON (116-27 av. J.-C.), consistant à étudier la vie romaine à partir de la connaissance de la langue, de la littérature et des usages [4]. À la suite de BIONDO, des recherches similaires sur les antiquités d’Allemagne, d’Espagne, d’Angleterre ou encore de France [5], voient le jour. Dans son ouvrage de 2005 intitulé La Renaissance et les antiquités de la Gaule, l’historienne de l’art Frédérique LEMERLE indique que la France a suivi la même évolution que l’Italie, « sans toujours le décalage que l’on imagine » [6]. Après l’Italie, le territoire français abrite avec l’Espagne les régions les plus fournies en ruines romaines offrant aux curieux et érudits du royaume un accès direct à la culture humaniste et un terrain d’études privilégié. Dans la première moitié du XVIe siècle, à l’exception de quelques personnalités [7], beaucoup ne se limitent qu’à de simples mentions et localisations de vestiges. La seconde moitié du XVIe siècle présente des études plus abouties avec des descriptions et identifications des antiquités du territoire. Des ouvrages de référence comme le Discours historial [8]de Jean Poldo d’ALBENAS (1512-1563), consacré aux antiquités nîmoises, sont publiés et permettent aux antiquaires de commenter et compléter les historiens. Dès lors, de nombreux écrits s’intitulant « Antiquités », « Histoire » ou encore « Mémoire » et abordant l’histoire de villes telles qu’Angoulême, Toulouse, Bordeaux, ou de provinces comme l’Anjou, le Berry, la Bourgogne [9], sont édités.

C’est dans ce mouvement que s’inscrit Anne de RULMAN (1582-1632), antiquaire nîmois du début du XVIIe siècle ; il a laissé un imposant manuscrit, le Récit des anciens monuments qui paroissent encore dans les départements de la première et seconde Gaule Narbonnoise (…) [10], auquel il faut adjoindre l’Inventaire particulier des histoires et des antiquités de Nîmes depuis NEMAUSUS qui la fonda (…) [11]. Dans les deux cas, le point de départ de sa démarche demeure l’étude de sa ville d’origine, Nîmes, et de son ancienneté ; mais contrairement à ses pairs, il ne limite pas son champ d’investigation à sa seule région et s’empare d’un territoire plus vaste, allant de Toulouse à Antibes et remontant jusqu’au Sud de Lyon.

Brillant avocat, RULMAN tient son goût pour les antiquités de son père, humaniste de renom et professeur régent au sein du Collège des Arts de Nîmes [12]. Protestant, il conserve une fidélité au roi qui fera de lui l’un des grands représentants du courant pacifiste de son temps, prônant une coexistence des deux religions [13]. Tout en étant mentionnés dans des études globales sur l’ère des antiquaires [14], le personnage et ses écrits n’ont jamais fait l’objet d’une étude spécifique et approfondie. À travers son exemple et celui de quelques figures périphériques, c’est toute la portée des travaux d’antiquaires qui se révèle : par la quête du passé antique, puis en se réappropriant l’imaginaire relatif à l’Antiquité, ils ont contribué à l’élaboration d’une identité locale d’abord et au-delà, à la construction d’une identité « française » encore en gestation au XVIIe siècle, mais inexorablement appelée à s’affirmer tout au long de l’époque moderne.

Un lieu, un nom, des vestiges et une quête des origines.

Dans la démarche antiquaire, le culte de l’Antiquité classique, s’il demeure central, n’est pas une fin en soi. Dans un premier temps, il s’agit de reconstituer l’histoire d’une localité donnée, mais à travers cette histoire retracée, l’antiquaire cherche à prouver l’ancienneté du lieu et de son occupation. Comme l’indique l’historien Pierre PINON, « dans la mentalité de l’époque, une nation, une ville, un groupe social quelconque tire non seulement son importance de sa puissance présente, mais aussi de son ancienneté » [15]. Cette ancienneté va alors être justifiée par deux méthodes plus ou moins complémentaires que l’on retrouve dans la plupart des écrits d’antiquaires : l’étude du nom des villes et le recensement de vestiges, auxquels on peut ajouter dans certains cas, l’épigraphie.

L’étude des noms tient une place toute particulière, faisant appel à une dimension légendaire qui prend bien souvent le pas sur des interprétations plus rationnelles. Chaque ville cherchant à se construire le passé le plus lointain possible, va tenter de se rattacher par le biais de l’étymologie à un fondateur troyen ou gaulois. Paris est ainsi affiliée à PÂRIS, le fils de PRIAM, Agen devient l’œuvre d’AGÉNOR, lui aussi héros troyen, Lyon quant à elle serait une fondation de LUGDUS, roi des Celtes, etc. Autrement dit, on retrouve ici le principe énoncé par Krzysztof POMIAN, selon lequel au XVIIe siècle, la quête des origines « ne se laissait pas énoncer autrement qu’en termes de filiation » [16] ».

Dans le cas du nîmois RULMAN, la tendance est tout à fait présente, mais avec une rigueur variable et un refus, parfois, de céder à des filiations visiblement trop simplistes. Pour Narbonne, il débute son exposé en annonçant : « Une colonie romaine fut amenée à Narbonne l’an 633 après la fondation de Rome qui lui donna son nom de colonie Narbonense, lequel fut depuis étendu et converti en colonie. Ce ne fut donc pas ce NARBO, roi imaginaire des François, ni la rivière Norbo […], qui la baptisa de son propre nom. Mais ce Matius que Jules CÉSAR envoya sur le lieu avec les colonnes et soldats de la région Martia. » [17] Tout en réfutant la filiation et l’étymologie sur laquelle elle s’appuie, le Nîmois indique tout de même l’ancienneté romaine de la ville. À l’inverse, dans le cas de Toulouse, il ne semble pas faire preuve du même scepticisme et véhicule à son tour une origine courante [18], rappelant que « cette grande ville [a été] fondée par les Troyens ou par le roi THOLUS » et qu’elle est « reconnue comme la plus ancienne fondation. » [19]

Dans cette perspective, on peut également mentionner le travail de Pierre GARIEL (1584-1674), chanoine et antiquaire montpelliérain, auteur d’une Idée générale de la ville de Montpellier recherchée et présentée aux honnestes gens [20] GARIEL traite du cas de la capitale héraultaise, ville dont la modernité est attestée, mais le réflexe de l’étude étymologique demeure et sert alors une origine valorisante. Parmi ses nombreuses interprétations, il fait de Montpellier une déformation de « Monspuelier » puis de « Monspellerius » et enfin de « Monspuellerius » ce qui se rapproche de « monspuellarum » [21]soit littéralement le « mont aux belles jeunes filles ». Cette interprétation sans être précisément le fait du Montpelliérain [22], prend une tournure particulière lorsqu’il se l’approprie pleinement. Le chanoine poursuit son propos en spécifiant « on le veut tirer des vertueuses sœurs du saint évesque de Lodève qui nous donnèrent par un illustre vœu à l’Église, & qui [prirent] le voile au monastère de Saint-Geniez avec plusieurs autres dames […] ; nous serons le mont des puelles ou des pucelles par reconnaissance et obligation d’origine » [23]. Puis il ajoute que l’évêque RICUIN « se voyant possesseur de cette belle ville naissante […] la consacra en cette manière mystérieuse, & rendit la Mère de Dieu sa tutrice & sa protectrice. » [24] On comprend alors qu’à défaut d’avoir une réelle fondation antique, Montpellier acquiert par le biais de cette légende et étymologie une filiation sortant du champ historique mais qui aux yeux de GARIEL, homme d’église, fait office d’ascendance des plus vertueuses et prestigieuses. L’étude des noms parsème ainsi tous les écrits d’antiquaires avec parfois comme chez RULMAN, un traitement hétérogène. Tantôt la défiance l’emporte, tantôt les raccourcis accommodants et séduisants apparaissent irrésistibles. Et, dans ces cas, on fait appel à une dimension tout à fait légendaire en rattachant les villes aux héros troyens, gaulois ou à défaut, à une origine prestigieuse.

Outre l’étymologie, l’objet ancien tient lui aussi une place prépondérante dans la quête des origines menée par les antiquaires. Qu’il soit fragment ou vestige, il conserve un statut variable selon son utilisation : simple objet de curiosité, objet d’études plus ou moins approfondies, il peut aussi devenir un « témoignage archéologique » au sens moderne du terme ; sa simple présence dans un lieu prouvant l’ancienneté de son occupation, voire la manifestation d’une pratique ou d’un culte.

Dans le cas de Toulouse toujours, l’ancienneté de la ville ne fait pas de doutes pour RULMAN, mais l’absence de vestiges visibles place d’emblée la cité à un rang plus secondaire : « Quoique cette grande ville […] soit reconnue la plus ancienne de fondation […], quoiqu’elle soit illustre et abondante par le commerce que la rivière de la Garonne luy donne par le lustre & l’autorité de la Cour de Parlement […] – et enfin quoiqu’elle soit riche en minière de minéraux et de métaux, populeuse en citoyens, abondante en fruits et magnifique en bâtiments, si sont-ils tous modernes. » Et il termine en précisant que « nous ne pouvons la mettre des premières au rang & dignitez des principales villes de l’ancienne Gaule Narbonnoise qui éclatent encore par les réflexions des bâtiments superbes où les mesures majestueuses des anciens Romains [sic]. » [25] » L’antiquaire ne peut malgré tout se satisfaire d’un tel constat et mentionne « quelques traces confuses d’un amphithéâtre & du capitole », se faisant l’écho des hypothèses en cours « quelques uns ont voulu dire que l’église de la bienheureuse Vierge Marie appelée Notre-Dame-de-la-Daurade étoit le temple de Vénus, et d’autres celui de Jupiter Hammon. » [26]

À l’inverse, lorsque les vestiges sont présents, ils deviennent objets de fierté. Nîmes, en la matière avec ses arènes, la maison carrée, la tour Magne ou encore, la proximité du pont du Gard, est sans aucun doute la ville la mieux pourvue de toute la région. L’auteur ne manque pas de superlatifs et de grandiloquence pour décrire sa ville d’origine de ce point de vue. « […] Elle est la métrapolitaine de la Gaule Narbonnoise pour la splendeur de ses antiques monuments » [27], nous dit-il, alors que plus tôt il fait mention des « progrez de l’ancienne ville par l’ambition des grands […] », de « la magnificience des palais et [de] la construction de tant d’autres lieux publiques […]. » [28] Cette abondance en superbes bâtiments suscite la fierté de RULMAN, mais justifie aussi une partie de sa démarche d’antiquaire : « […] aussi nous devons maintenant faire connoître qu’elle est auguste en toutes ses parties, que si des empereurs l’ont bâtie, des lieutenants généraux de provinces, de sénateurs, & de chevaliers romains l’ont illustrée. » [29] Une hiérarchie s’instaure donc entre les villes selon leur spécificité respective : si Toulouse apparaît comme la plus ancienne et Narbonne comme celle qui a donné son nom à la province, Nîmes les supplante toutes deux par la présence de ses vestiges, à la fois source de prestige et preuve de l’ancienneté de la ville.

La présentation d’un lieu va systématiquement de pair avec le souci d’établir son origine la plus ancienne possible. L’élaboration de son identité s’opère tout d’abord par un rattachement aux héros troyens, sinon aux Gaulois ou tout au moins aux Romains ; dans un deuxième temps, la quête des origines nécessite de trouver des illustrations concrètes de la présence des Anciens avec la mention des vestiges qui s’y trouvent encore. Enfin, le vestige répertorié est alors utilisé comme un emblème, un objet de fierté faisant partie intégrante de l’identité du lieu auquel il appartient.

L’Antiquité « rêvée ».

La tradition humaniste tout comme la tradition antiquaire porte en elle une image de la civilisation gréco-romaine idéalisée. Arnaldo MOMIGLIANO parle d’une Antiquité « modèle pour les arts, l’architecture et les fêtes » mais aussi d’une Rome « admirée pour ses lois et ses institutions » [30]. Cet imaginaire relatif à l’Antiquité classique investit tout le propos des antiquaires et s’articule essentiellement autour de trois pôles : le politique, les mœurs, et l’art.

LA fascination liée au domaine politique se cristallise sur la figure des Césars. GARIEL, antiquaire montpelliérain évoque par exemple des « Césars triomphant sur le char de la bonne fortune » [31], ainsi qu’un César ayant fait « son immortelle conquête » [32], des termes que l’on retrouve également chez RULMAN, où il est question de « Jules CÉSAR, dictateur perpétuel » [33]. Et plus loin, le Nîmois loue la période allant de Jules CÉSAR à THÉDOSE (100 av. – IVe siècle ap.) : « ce fut un règne stable & souverain, surpassant la durée de cinq siècles entiers » , rappelle-t-il. Au même titre que les Césars, Rome acquiert elle aussi une dimension toute symbolique, présentée comme la « reine du monde » [34] ou encore comme la « grande Rome » [35]. GARIEL résume alors à lui seul cette admiration touchant tous les domaines en invoquant « […] ce peuple dont les loix, les cérémonies, les armes, la politique & la religion étoient les plus estimées et les plus fleurissantes de l’univers. » [36] Mais, si l’admiration semble générale, elle se concentre tout de même sur des notions clés : celle d’une Rome puissante et de Césars conquérants, autrement dit, sur l’image d’un pouvoir fort, respecté, ayant fait régner l’ordre, la paix et la stabilité sur des territoires étendus.

La filiation apparaît là encore nécessaire dans la construction du récit historique à proprement parler, et par effet de conséquence, dans la construction identitaire de la région concernée. Elle prend une place notoire tout au long du propos des antiquaires et notamment lorsqu’il s’agit d’évoquer des temps plus récents : Charles MARTEL est ainsi présenté comme le « Mars des François » [37], Jacques le Conquérant (Ier d’Aragon) devient « le vray Hercule de l’Espagne » [38]. Et ce qui est vrai pour les souverains, l’est aussi pour les villes. RULMAN parle de Nîmes comme de « l’abrégé de Rome, la reine de l’univers » [39] ; à Montpellier, l’absence de passé et de vestiges antiques n’empêche pas là GARIEL d’investir à son tour le champ des comparaisons. Il en appelle en effet à l’urbanisme en décrivant Montpellier en ces termes : « La prévoyance ancienne avoit fait nos rues estroites, & nos maisons hautes, selon la vieille forme de Rome […] afin que les rayons du soleil traversassent et échaufassent moins » [40]. Quel que soit le sujet traité, le modèle antique est donc sans cesse rappelé, avec toujours un souci de comparaison et de filiation.

Le domaine politique n’est cependant pas le seul pôle d’attraction de cette Antiquité rêvée, et le mode de vie instauré par les Romains a également retenu l’attention des antiquaires. GARIEL le rappelle en des termes éloquents : « ces heureux maîtres de l’univers remplirent ce pays de leurs colonies et le transformèrent en tout […] & avec les habits, nos façons, nos manières, nos mœurs & nos esprits changèrent » [41]. RULMAN à propos d’une statue retrouvée à Toulouse et comportant quatre fleurs gravées explique à son tour que « c’est l’agréable souvenir des jeux floraux qui étoient si soigneusement célébrés dans Rome » [42].

Dans cette perspective de mœurs et de jeux, il convient d’évoquer la personnalité de François RANCHIN (1560-1641), médecin et chancelier de l’Université de Médecine de Montpellier au début du XVIIe siècle, qui possédait une importante collection d’objets antiques [43]. En 1614, le chancelier adresse un discours à ses étudiants et futurs médecins connu sous le nom de l’Apolinare Sacrum [44], dans lequel il en appelle à reproduire le mode de vie des Anciens en alliant l’ « otium », terme latin que l’on peut traduire par « loisir », à l’activité : « En effet, lorsqu’il nous a été permis pendant de nombreux jours de profiter d’un loisir très agréable à nos yeux, nous sommes une fois notre repos terminé, poussés à revenir à l’étude. Les jeux de Cérès & de Bacchus étant terminés, notre cher Apollon comme renouvelé, pousse nos esprits vers la pratique de l’art d’Hippocrate. » [45] On retrouve d’ailleurs ce même besoin de raviver le modèle dans sa propre action de chancelier. En ordonnant la réalisation de portraits de ses devanciers depuis 1239 jusqu’à son époque, il a mis en œuvre ce qui s’apparente à un culte des grands hommes, fidèle à la préoccupation qu’avaient les curieux et antiquaires pour les hommes illustres et les effigies [46]. Et c’est ainsi à lui que l’on doit la série de portraits encore présents dans l’actuelle faculté [47].

L’imaginaire relatif à l’Antiquité classique semble donc se figer autour d’images idéalisées, que ce soit par le biais du champ politique ou à l’évocation du mode de vie des Anciens, mais ce modèle n’est pas totalement stérile et peut même être appelé à renaître en amenant ses contemporains à le reproduire et en mettant constamment en avant ses vertus.

Enfin, à travers les descriptions de vestiges, un goût pour l’esthétique de l’Antiquité classique et l’image qui l’entoure se révèle. Cependant, il demeure bien souvent délicat voire impossible de déterminer les critères de beauté retenus par les antiquaires de ce début du XVIIe siècle. Les superlatifs ne manquent pourtant pas tout au long de leurs récits, mais à chaque fois, la notion de « beau » semble se confondre avec le caractère ancien de l’objet, ou avec d’autres qualités telles que sa rareté ou encore la noblesse du matériau dont il est composé. RULMAN évoque ainsi « une très bonne Pallas, estimée grecque par les meilleurs sculpteurs qui l’ont veue » [48] ou encore un « laocoon de deux pieds de hauteur avec ses deux enfants entortillés de serpents, de bonne main et de beau marbre » [49]. Dans les deux cas, il ne va pas plus loin dans ce qui rend « bonnes » ou « belles » ces pièces. Les termes peuvent même se faire encore plus flous dans certaines présentations, comme à l’évocation d’une « tête de la jeune Faustine avec sa coeffure antique […] » au sujet de laquelle il ajoute que « quoique le nez lui soit un peu égratiné, cette pièce ne reste pas d’être belle en perfection » [50]. Difficile, dans ce cas précis, de déterminer ce qu’entend réellement l’antiquaire nîmois par l’idée de perfection.

En revanche, lorsqu’il s’attache à la description d’ouvrages plus imposants, antiques ou non, RULMAN se fait plus éloquent. Il admire par exemple les « belles fortifications » qui rendent la ville de Narbonne « redoutable » [51] ; en présentant les murailles de Montpellier décrites comme « les plus belles de ce pays », son attention se porte sur le fait qu’elles soient encore « complettes » et que la citadelle soit « la plus grande, la plus forte, & la plus belle à voir » [52]. Enfin de ce point de vue, le pont Ambroix [53], situé entre Montpellier et Nîmes, retient l’intérêt de RULMAN : « Ce pont est remarquable en sa fabrique par cette irrégularité [sa cinquième arcade, située au milieu du pont, est effondrée alors que les autres sont restées en place] qui ne lui ôte pas la grâce de sa perspective […] » [54]. Si les murailles des deux villes languedociennes sont des vestiges plus récents, on constate tout de même une similitude avec l’imaginaire relatif à l’Antiquité classique, notamment dans la nécessité d’avoir un pouvoir fort, capable de retranscrire sa grandeur et puissance à travers des ouvrages ostentatoires tels que les fortifications. Quant au pont Ambroix, témoignage des restes antiques subsistants dans la région, il nous permet d’avoir là l’un des rares exemples de véritable critère esthétique, avec la « grâce de sa perspective ». Et là également, le fait n’est pas anodin tant il peut se rapprocher du goût pour l’ordre déjà évoqué plus haut à propos du champ politique.

La notion du beau, on le comprend donc, est tributaire de considérations se distinguant bien souvent du domaine purement esthétique. Mais la correspondance qui s’opère entre l’appréhension des vestiges, témoignages de puissance, et le regard que les antiquaires portent sur ces anciens conquérants, empereurs ou encore consuls, permet de dresser un parallèle. Dans tous ces cas, l’imaginaire se greffe sur des notions récurrentes d’ordre, de stabilité, d’une vie paisible (au sens littéral du terme) et qui semblent trouver leur écho dans les vestiges antiques, et même au-delà, qui participent à l’émergence d’un goût.

L’image de l’Antiquité proposée ici est bel et bien idéalisée, et qu’il s’agisse d’évoquer cette Antiquité « rêvée » ou de défendre l’ancienneté de son territoire, la démarche antiquaire tout en s’attachant à l’étude du passé, s’empare également d’une construction identitaire ancrée dans le présent de l’époque moderne.

La redéfinition d’un passé, l’émergence d’une identité « française ».

La référence au passé a un impact immédiat dans la France du XVIIe siècle. Tout d’abord, le patriotisme local inhérent à tous ces ouvrages, ne serait-ce que par le lien affectif qu’entretenaient leurs auteurs avec leur région ou leur ville, intervient systématiquement dans la présentation du lieu donné. Dans le sillage des auteurs anciens, les antiquaires mentionnent les différentes caractéristiques de la région en vantant perpétuellement tous ses mérites. Sont ainsi évoqués la « bonne température de l’air », « la fertilité de la terre », « la vertu des eaux » [55] ou encore « les hommes illustres » [56] ayant marqué l’histoire de leur empreinte, des mentions qui se retrouvent toutes chez RULMAN. GARIEL, chanoine de Montpellier, n’est pas non plus en reste et annonce avec fierté au sujet de sa ville natale : « son terroir est bon, riche & heureux, les champs, les vignes, les prez, les jardins, les bocages & les eaux le partagent & le divertissent agréablement […] » [57].

En ce sens, la quête des origines participe au patriotisme local, mais elle sert également à glorifier le passé de la France dans son ensemble. En effet, à cette période, l’étude de l’Antiquité ethnique et préromaine d’une région était une question fondamentale pour tous les pays européens [58] ; parmi eux, l’Italie demeurait un modèle et jouissait, que ce soit par la filiation avec les Romains ou les Étrusques, d’un passé inégalable à bien des égards. Le fait de se reconstituer un passé prestigieux devint alors un enjeu capital pour les élites européennes et une manière de s’affranchir du modèle italien. L’Espagne a par exemple commencé à s’intéresser aux Celtibères dès la première moitié du XVIIe siècle [59], alors que l’Allemagne a cherché à se rattacher à Rome et aux Germains [60]. En France, les érudits, non contents de leur filiation avec les Francs et Romains ont également tenté d’élaborer des filiations plus anciennes, se réclamant des Gaulois et s’emparant ainsi d’un passé préromain mythique. Une théorie selon laquelle les origines de la Gaule se trouvaient dans la Bible subsiste d’ailleurs encore au XVIe et jusqu’à la moitié du XVIIe siècle : GOMER, descendant de Noé aurait conservé la partie occidentale de l’Eurasie. Les Gomérites, alors appelés les Galates par les Grecs, sont apparentés aux Gaulois [61]. La conclusion semble ainsi évidente : GOMER considéré comme le premier roi gaulois permet à la France de se rattacher à la civilisation hébraïque, bien antérieure à celle de Rome. Cette théorie servait évidemment le pouvoir royal, mais aussi la notion de ce que l’on pourrait plus tard appeler « la nation France ».

Or ce discours et l’idéologie qu’il contient ne peuvent s’envisager sans tenir compte du contexte de la France du XVIIe siècle dont le territoire, tout comme le pouvoir, sont respectivement déchirés et affaiblis par les guerres de religions. Face à ces éléments, le cas de RULMAN s’avère particulièrement emblématique. Le fait que son étude s’étende non pas à sa ville d’origine et à ses localités environnantes, mais à un territoire plus vaste, tirant ses limites de l’ancienne Gaule Narbonnaise, donne à sa démarche une envergure plus importante. Elle sous-entend d’emblée la formation d’une entité territoriale tenant son unité d’une histoire ancienne commune. Dans cette perspective, il ne faut pas non plus minimiser le caractère humaniste du personnage qui justifie lui-même sa démarche en revendiquant la nécessité de connaissance de l’histoire et par là même, en témoignant de l’émergence d’une conscience patrimoniale : « C’est un des grands malheurs qui puisse arriver aux hommes de ne pouvoir une fois en leur vie sortir d’eux-mêmes […]. Ce n’est aussi jamais sortir de l’enfance que de ne voir que les choses présentes et de ne scavoir pas au vrai, & distinctement, l’estat de celles du temps passé. C’est encore vivre et mourir en bêtes que de fouler tous les jours sous les pieds les plus riches fleurons de la gloire de nos ancêtres à faute de scavoir ce que c’est. » [62] Mais il faut également y voir un désir plus profond de la part de l’antiquaire nîmois. Lui-même protestant dans une région où les affrontements confessionnels se poursuivent encore bien après le siège de 1629 par Louis XIII, il se fait le représentant d’un courant modéré, privilégiant la paix, si bien que l’historien Robert Sauzet parle du « discours irénique » [63] de Rulman. Sa position transparaît bien dans une de ses dédicaces au roi : « Face le ciel Sire, que le train de ma plume n’aille pas plus loin sur cette piste de laquelle le sac, le sang, les cendres […] ont dissipé les traces des chemins […]. Et veuille votre Majesté que toutes mes routes soient occupées à cueillir le total des félicitez temporelles qui accueilleront le règne le plus heureux qui est paru depuis celuy d’Auguste. Cela ne sera pas sans la paix profonde de la France, le repos assuré de ses anciens alliez et les conquettes successives des corones étrangères qui luy seront ennemies, c’est la loy de l’état, la voix du peuple et le vœu le plus ardent » [64]. En s’appuyant sur la figure tutélaire d’Auguste, cette profession de foi de l’antiquaire nous montre toute l’emprise de la filiation avec les Romains et de l’imaginaire lié aux Anciens. Plus qu’une simple révérence faite au monarque, elle intervient dans la France moderne et révèle les aspirations profondes d’une partie de l’élite française : retrouver un territoire unifié, ordonné autour d’une figure royale forte, le tout pour asseoir son pouvoir et au-delà, pour profiter à la gloire et au rayonnement du royaume de France.

Dans la France des temps modernes, l’héritage et le traitement de l’Antiquité classique ne peuvent être considérés dans la seule perspective humaniste. En prenant part à l’écriture de l’histoire d’un territoire donné, les antiquaires intègrent de fait une dimension historiographique qui n’échappe ni au souci, ni au devoir de mémoire énoncé par RULMAN en des termes éloquents et déjà bien précis pour la première moitié du XVIIe siècle. L’antiquaire nîmois témoigne ainsi de l’articulation qui s’opère entre le XVIe siècle, berceau des premiers travaux, le XVIIe siècle où le regard face à l’objet ancien s’affine de plus en plus, et le XVIIIe siècle, qui avec l’œuvre de Bernard de MONTFAUCON (1655-1741), Les Monuments de la monarchie française [65], s’apparente à l’aboutissement et la concrétisation de ses voeux. L’identité française s’élabore en mettant en exergue le caractère atypique des travaux d’antiquaires : l’histoire et l’imaginaire ne sont pas ici utilisés de manière additionnelle mais combinés tout au long du récit. Et dans un cas comme celui de RULMAN, érudit dévoué au roi, avocat dominant parfaitement l’art de la rhétorique, l’élaboration de l’identité ne se contente pas d’images et de faits fondateurs, mais tend à dresser un modèle fédérateur, où se mêlent légendes, vestiges de puissance et personnages illustres.

BIBLIOGRAPHIE ESSENTIELLE

Sources :

- GARIEL Pierre, Idée de la ville de Montpellier recherchée et présentée aux honnestes gens, réimp., Peronnas, éd. de la Tour Gile, 1993, 1re éd. Montpellier, Pech, 1665.
- POLDO d’ALBENAS Jean, Discours historial de l’antique et illustre cité de Nismes, en la Gaule narbonnaise, avec les portraitz des plus antiques et insignes bastimens dudit lieu réduitz à leur vraye mesure et proportion, ensemble de l’antique et moderne ville, Lyon, G. Rouillé, 1560.
- Nîmes, Bibliothèque municipale du Carré d’Art, Ms 179 : Anne de Rulman, Inventaire particulier de l’histoire et des antiquitez de Nismes (…).
- Paris, Bibliothèque Nationale de France, Fonds Français, Ms 8648-8651 : Anne de Rulman, Récit des anciens monuments qui paroissent encore dans les départements de la première et seconde Gaule Narbonnoise (…).

ÉTUDES :

- FREYSSINET Marianne, François Ranchin et Pierre Gariel : deux Montpelliérains du XVIIe siècle dans la quête de l’Antiquité, Mémoire de Master 2 sous la direction de Michèle-Caroline HECK, Montpellier, Université Paul-Valéry, 2008.
- KRINGS Véronique et VALENTI Catherine, Les Antiquaires du Midi de la France : savoirs et mémoires, XVIe-XIXe siècle, Paris, éd. Errance, 2011.
- LEMERLE Frédérique, La Renaissance et les antiquités de la Gaule. L’architecture gallo-romaine vue par les architectes, antiquaires et voyageurs des guerres d’Italie à la Fronde, Turnhout, Brepols, 2005.
- MOMIGLIANO Arnaldo, Essays in ancient and modern historiography, Oxford, B. Blackwell, 1977, traduction française, Problèmes d’historiographie ancienne et moderne, Paris, Gallimard, 1983.
- MOMIGLIANO Arnaldo, The classical foundations of modern historiography, Los Angeles, University of California Press, 1990, traduction française, Les fondations du savoir historique, Paris, Les Belles Lettres, 1992.
- PINON Pierre, La Gaule retrouvée, Paris, Gallimard, 1991.
- RULMAN Anne de, Chronique secrète de Nîmes et du Languedoc au XVIIe siècle, texte présenté et restitué par Philippe CHAREYRE, Nîmes, Lacour, 1990.
- SAUZET Robert, « D’un humanisme provincial au début du XVIIe siècle. Le discours irénique d’Anne Rulman (1583-1639) », Langage et vérité : études offertes à Jean-Claude Margolin par ses collègues, ses collaborateurs, ses élèves et ses amis, Genève, Droz, 1993. p. 145-152.
- SAUZET Robert, Au Grand Siècle des âmes. Guerre sainte et paix chrétienne en France au XVIIe siècle, Perrin, Paris, 2007.
- SCHNAPPER Antoine, Le géant, la licorne et la tulipe. I, Paris, Flammarion, 1988.

[1] Lattes 1988, L’Anticomanie. De la collection d’antiquités aux XVIIIe et XIXe siècle, Annie-France LAURENS et Krysztof POMIAN, Paris, Éditions de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, 1992, p. 65.

[2] Arnaldo MOMIGLIANO, Les fondations du savoir historique, Paris, Les Belles Lettres, 1992, p. 81.

[3] Voir notamment ses ouvrages Roma instauratae, Vérone, B. de BONINIS, 1481 et Roma triumphans, Brescia, B. VERCELLENSIS,1482.

[4] Voir Arnalado MOMIGLIANO, Problèmes d’historiographie ancienne et moderne, Paris, Gallimard, 1983, p. 245.

[5] Arnaldo MOMIGLIANO, op. cit., 1992, p. 80.

[6] Frédérique LEMERLE, La Renaissance et les antiquités de la Gaule. L’architecture gallo-romaine vue par les architectes, antiquaires et voyageurs des guerres d’Italie à la Fronde, Turnhout, Brepols, 2005, p. 21.

[7] Ibid., p. 60. L’auteur évoque notamment la culture architecturale de Guillaume de CHOUL qui reste « exceptionnelle pour son époque ».

[8] Voir Jean POLDO D’ALBENAS, Discours historial de l’antique et illustre cité de Nismes, en la Gaule narbonnaise, avec les portraitz des plus antiques et insignes bastimens dudit lieu réduitz à leur vraye mesure et proportion, ensemble de l’antique et moderne ville, Lyon, G. Rouillé, 1560.

[9] Voir Frédérique LEMERLE, op.cit., p.52-53.

[10] Paris, Bibliothèque Nationale de France, Fonds Français, Ms 8648-8651.

[11] Nîmes, Bibliothèque municipale du Carré d’Art, Ms 107.

[12] Au sujet du père, voir Chronique secrète de Nîmes et du Languedoc au XVIIe siècle, texte présenté et restitué par Philippe CHAREYRE, Paris, Lacour, 1990, p. XIII-XIV.

[13] À ce sujet, voir les publications de Robert SAUZET sur RULMAN, notamment Au Grand Siècle des âmes. Guerre sainte et paix chrétienne en France au XVIIe siècle, Perrin, Paris, 2007.

[14] Voir l’ouvrage de Frédérique LEMERLE, op.cit., ou encore le récent article de François PUGNIERES « Antiquaires et antiquités à Nîmes de la Renaissance aux Lumières », Véronique KRINGS et Catherine VALENTI (dir.), Les Antiquaires du Midi de la France : savoirs et mémoires, XVIe-XIXe siècle, Paris, éd. Errance, 2011, p. 13-29.

[15] Pierre PINON, La Gaule retrouvée, Paris, Gallimard, 1991, p. 14.

[16] Annie-France LAURENS et Krysztof POMIAN, op.cit., p. 66.

[17] Nîmes, B.M., Ms 180, tome I, folio 44, r°. Ce manuscrit est une copie partielle d’une partie des ouvrages de RULMAN dont les originaux sont respectivement conservés à la Bibliothèque Nationale de France et à la Bibliothèque municipale de Nîmes ; datant du XVIIIe siècle, elle a été effectuée par le scribe Pierre PRION, pour le compte du curieux le Marquis d’AUBAIS, désireux de l’adjoindre à sa bibliothèque.

[18] Origine déjà rapportée par Antoine NOGUIER dans Histoire tolosaine (…),Toulouse, Boudeville, 1556.

[19] Nîmes, B.M., Ms 180, t. I, f°42, r°.

[20] Pierre GARIEL, Idée générale de la ville de Montpellier recherchée et présentée aux honnestes gens, Montpellier, Pech, 1665. À son sujet voir Marianne FREYSSINET, François RANCHIN et Pierre GARIEL : deux Montpelliérains du XVIIe siècle dans la quête de l’Antiquité, Mémoire de Master 2 sous la direction de Michèle-Caroline HECK, Montpellier, Université Paul-Valéry, 2008.

[21] Ibid., II, p. 19.

[22] On la trouvait déjà en 1626 chez RULMAN, voir le Ms 180, t. I, f°60, v°.

[23] Pierre GARIEL, op.cit., II, p. 19.

[24] Ibid., II, p. 134.

[25] Nîmes, B.M., Ms 180, t. I, f°42, r°.

[26] Ibid., t. I, f°42, v°.

[27] Ibid., t. II, p. 366 (le tome II de la copie de Prion, toujours répertorié en tant que manuscrit 180, adopte non plus une numérotation par folio comme le tome I, mais une pagination).

[28] Ibid., t. I, f°292, r°.

[29] Ibid., t. II, p. 367.

[30] Arnaldo MOMIGLIANO, op.cit., 1992, p. 81.

[31] Pierre GARIEL, op.cit. , I, p. 3.

[32] Ibid., I, p. 35.

[33] Nîmes, B.M., Ms 180, t. I, f°44, v°.

[34] Pierre GARIEL, op.cit., I, p. 50 et II, p. 18.

[35] Ibid., II, p. 147, pour ne citer que ces exemples.

[36] Ibid., II, p. 20.

[37] Ibid., I, p. 58.

[38] Ibid., III, p. 227.

[39] Nîmes, B.M., Ms 180, t. II, p. 367.

[40] Pierre GARIEL, op.cit., II, p. 38.

[41] Ibid., I, p. 42.

[42] Nîmes, B.M., Ms 180, t. I, f°42, v°.

[43] À son sujet, voir Alain CHEVALIER, Collectionneurs et collections à Montpellier dans la première moitié du XVIIIe siècle, Mémoire de D.E.A sous la direction d’Antoine SCHNAPPER, Paris, Sorbonne, 1987, p. 7 ; Antoine SCHNAPPER, Le géant, la licorne et la tulipe. I, Paris, Flammarion, 1988, p. 157 ; Marianne FREYSSINET, op.cit..

[44] Discours de l’Apollinare sacrum par François RANCHIN publié dans Alexandre-Charles GERMAIN, L’École de Médecine de Montpellier. Ses Origines, sa constitution, son enseignement, Montpellier, J. Martel Aîné, 1880, p. 121-128.

[45] Pour la traduction, voir Marianne FREYSSINET, op.cit., volume d’annexes.

[46] À ce sujet, voir Antoine SCHNAPPER, op.cit., p. 126 et 133.

[47] La suite des plus récents portraits (XIXe et XXe siècle), puisque la tradition a été poursuivie après RANCHIN, se trouve dans l’actuelle salle des Actes alors que les plus anciens portraits sont dans le corridor et la salle du Conseil.

[48] Nîmes, B.M., Ms 180, t. I, f°55, r°.

[49] Ibid., Ms 180, t. I, f°55, r°.

[50] Ibid., Ms 180, t. I, f°55, r°.

[51] Ibid., Ms 180, t. I, f°44, r°.

[52] Ibid., Ms 180, t. I, f°61, v°.

[53] Pont qui traverse le Vidourle, aussi connu dans les textes anciens comme le « Pons Ambrusi ».

[54] Ibid., Ms 180, t. I, f°67, r°.

[55] Ibid., Ms 180, t. I, f°193-199.

[56] Ibid., Ms 180, t. I, f°212-233.

[57] Pierre GARIEL, op.cit., II, p. 36.

[58] À ce sujet, voir entre autres, LAURENS et POMIAN, op.cit., p. 60-62.

[59] Ibid., p. 61.

[60] Voir Frédérique LEMERLE, op.cit., p. 51.

[61] À ce sujet, voir notamment Pierre PINON, op.cit., p. 14-16.

[62] Nîmes, B.M., Ms 180, t. II, p. 367.

[63] Voir Robert SAUZET, « D’un humanisme provincial au début du XVIIe siècle. Le discours irénique d’Anne Rulman (1583-1639) », Langage et vérité : études offertes à Jean-Claude Margolin par ses collègues, ses collaborateurs, ses élèves et ses amis, Genève, Droz, 1993. p. 145-152.

[64] Nîmes, B.M., Ms 180, Plan des œuvres mêlées, p. 728.

[65] Bernard de MONTFAUCON, Les Monuments de la monarchie française, Paris, Gandouin et Giffart, 1729-1733.

 

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