Séminaire 2013 : « Les représentations en sciences »


Séminaire MSH-M, programme « Sciences et société « Création, innovation et invention dans les sciences II »

en partenariat avec CRISES Coordination : Anastasios Brenner et Pierre-Yves Lacour Les séances ont lieu à la MSH-M, ou sur le site Saint-Charles.

Logistiques du naturel

Vendredi 15 mars, 14h30-16h30 (Site Saint Charles, salle 004 au rez-de-chaussée)
- Isabelle Charmantier (Associate Research Fellow, Exeter, University of Exeter), Le système de fiches et l’indexation des plantes chez Linné.
- Pierre-Yves Lacour (MCF, Montpellier, UPV), Les instructions révolutionnaires de confiscation et les spécimens naturalistes.

Représentations de la nature dans les musées

Vendredi 12 avril, 14h30-16h30 (MSH-M)
- Fabienne Galangau (MCF, Paris, MNHN).
- Muriel Guedj (MCF, Montpellier, UM2).

Représentations en botanique

Vendredi 24 mai, 14h30-16h30 (MSH-M)
- Denis Lamy (IR, Paris, MNHN), Observer et représenter les cryptogames.
- Marie-Noëlle Bourguet (PR, Paris, Paris VII), La géobotanique entre Candolle et Humboldt.

Représentations en médecine

Mardi 25 juin, 17h-19h (site Saint-Charles)
- Laurence Talairach-Vielmas (Centre Alexandre Koyré UMR 8560 - CNRS, EHESS, MNHN)
« Du savoir à l’objet : les collections anatomiques dans l’Angleterre du XIXe siècle, réception et représentations »
Cette présentation se propose de revenir sur l’époque où les musées d’anatomie se multiplient, certains destinés à la formation médicale, d’autres visant le grand public. Dans l’Angleterre du XIXe siècle, squelettes et parties de corps humain conservées en solution fluide accueillent spécialistes comme badauds à la recherche des secrets du corps humain. Or la scène culturelle, qui participe fortement de la diffusion d’un savoir médical fondé sur l’anatomie pathologique et l’exposition de restes humains ou animaux, donne également des leçons de muséologie, apprenant aux visiteurs à regarder les objets exposés et dénonçant la réification des patients et la marchandisation du corps humain. C’est à partir de témoignages et d’exemples littéraires que cette intervention mettra en lumière les constructions et représentations du savoir médical au XIXe siècle et soulignera en particulier les questions éthiques qui entourent la manipulation et l’exposition du corps mort à partir de ses représentations.
- Thierry Lavabre-Bertrand (Université Montpellier I, Faculté de médecine)
« Les collections de l’École de médecine de Montpellier : Représentation et théorie médicale »
L’Université de médecine de Montpellier (jusqu’à la Révolution) et plus encore la Faculté de médecine (créée au sein de l’Université impériale en 1808) a accumulé au cours des siècles plusieurs éléments patrimoniaux exceptionnels qui sont venus étayer une vision globale de l’Homme, notamment celle issue de sa formulation la plus achevée, le vitalisme qui va prédominer au sein de l’Ecole de 1770 environ jusqu’au début du XXe siècle. Le Jardin des plantes fondé en 1593 sera le terrain naturel de réflexions non seulement sur la Botanique, mais sur la place des classifications en histoire naturelle et en pathologie ; la collection de manuscrits anciens ne se limite pas à la médecine, mais inclut tous les ordres de connaissances ; le Musée Atger rassemble une collection de dessins léguée à la Faculté pour la formation des médecins non seulement à l’anatomie mais plus encore à une réflexion sur l’art iconique, comme le démontre magistralement le traité sur l’Iconologie médicale de Jacques Lordat (1773-1870) ; le conservatoire d’anatomie met en scène les collections de pièces de concours, de cires, de crânes, d’os et d’anatomie comparée dans un écrin typique de la muséographie du XIXe siècle. La présentation sera axée sur l’étude de ces rapports uniques entre théorie médicale et support matériel que constituent ces collections.

Collections naturalistes

Mardi 22 octobre 2013, 17h-19h (site Saint-Charles UM3, rez-de-chaussée, salle 006)

- Isabelle Laboulais (Professeur à l’Université de Strasbourg, ARCHE) « Exposer les minéraux : les choix de l’École des mines au tournant du XVIIIe et du XIXe siècle. »
De la fin de l’Ancien Régime à la Restauration, l’École des mines connaît plusieurs restructurations concomitantes à l’organisation du corps des Mines et s’installe tour à tour dans trois bâtiments parisiens. D’un lieu à l’autre, un espace particulier est dévolu aux collections de minéraux même si des dispositifs distincts sont chaque fois mobilisés pour les exposer. Ces modalités d’exposition mettent en lumière la place du corps des Mines dans le Paris savant et témoignent de la dimension identitaire de la mise en collection des savoirs.
- Flore César (Doctorante à l’Université Paul Valéry-Montpellier 3, chargée de mission à l’UM2) : « De la collection au muséum : itinéraires des collections naturalistes à Montpellier, 1720-1810 »
« L’heureuse situation de Montpellier sous un ciel clair et pur, les secours qu’on y trouve pour l’anatomie et la chimie, la terre féconde en plantes rares et singulières, le voisinage de la mer et la faculté d’entretenir commerce avec les divers sçavants du royaume, soit des autres états, par le moien du grand concours d’étrangers qu’il y a toujours dans cette ville, les mettoint en etat de faire plus facilement qu’en autre endroit des observations et des recherches importantes et curieuses, dont l’université de médecine célèbre dans tout le monde ne pouvoit que recevoir un nouvel éclat. » Véritable hymne à la gloire de sa ville natale, les quelques mots d’Antoine Magnol, fils du célèbre botaniste, vouent Montpellier à l’étude naturaliste. Aujourd’hui pourtant, la mémoire de cette riche histoire n’est guère célébrée. Si le jardin des plantes se présente comme l’une des rares traces de son passé, la ville ne possède curieusement pas de muséum, bien que les collections d’histoire naturelle se soient multipliées depuis la Renaissance. Renfermées dans les cabinets des particuliers, elles s’intensifient et se multiplient au XVIIIe siècle, mais à quels enjeux répondent-elles vraiment ? De quoi sont-elles constituées ? Sont-elles toutes soumises aux mains des savants ? Que sont-elles devenues aujourd’hui ? Autant d’interrogations qui permettront de retracer quelques itinéraires de collections naturalistes montpelliéraines du siècle des Lumières.

Représentations et pragmatisme

Vendredi 22 novembre 2013, 17h-19h. Site Saint-Charles UM3, rez-de-chaussée, salle 006

- Chiara Ambrosio (University College London)
« Iconic Representations and Representative Practices »
Charles S. Peirce’s philosophy is gradually beginning to gain greater visibility in philosophy of science. Yet, his rich account of representations still raises a certain degree of scepticism among philosophers. In this paper, I focus on a class of representations that Peirce grouped under the category of iconicity. As a philosophically-minded scientist and as an experimentally-inclined philosopher, Peirce never divorced the practice of representing from questions about what counts as a representation in the first place. I claim that his account of iconic representations shows that it is the very process of representing, construed as a practice which is coextensive with observing and experimenting, that casts light on what counts as a representative relation in the first place.

- Olivier Tinland (Université Paul-Valéry Montpellier 3)
« Rorty : la science comme représentation et comme solidarité »
Selon Richard Rorty, il faut substituer à l’image classique de la science comme représentation adéquate de la réalité une conception pragmatiste renonçant à instaurer une différence de nature entre la connaissance scientifique et les autres pratiques culturelles, tout en insistant sur l’aspect exemplaire de la pratique scientifique pour la solidarité des sociétés démocratiques libérales. On examinera la portée de cette conception et ses limites, en confrontant le point de vue de Rorty et celui de Thomas Kuhn, afin de dégager les conditions d’une authentique philosophie pragmatiste des sciences.

 

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