Séminaire 2011 « Repenser les tourismes »


Nouvelles modalités de construction 
d’un rapport à l’Autre multiscalaire 
par le tourisme

23 Mai à partir de 14h30 à la MSH-M

Le séminaire « Repenser les tourismes », initié cette année à la MSH, rassemble des chercheurs de l’ensemble de la région travaillant ces questions. Il veut essayer d’initier un débat autour d’un objet devenu un des principaux moteurs des échanges et qui transforme profondément les modes de vie des espaces de réception mais aussi des pays émetteurs, les deux se confondant souvent. Trois axes sont privilégiés : celui du rapport à la différence qu’il induit (des hommes, des cultures et des lieux). Par ailleurs, se pose la question de la qualité des échanges qu’initie le tourisme avec un regard spécifique sur les modalités de l’impact d’une activité devenue universelle par le modèle culturel qu’il représente et globale puisque plus aucun espace ne peut envisager de rester à l’écart du phénomène. Enfin, le caractère massif du tourisme (bientôt un milliard de séjours internationaux chaque année, au moins le double pour les séjours nationaux) impose une réflexion sur sa diversité afin de sortir de la vision simpliste que traduit l’usage systématique du singulier.

La séance du 23 mai à 14h30 fait intervenir :
- Christian Bataillou, anthropologue, Université de Perpignan Via Domitia, UMR 5281 ART-Dev
- Dominique Crozat, Géographe, co-responsable du master « Tourisme et développement Durable des Territoires » à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 (mention DDA), UMR 5281 ART-Dev

Christian Bataillou partira du point de vue des mobilités, le plus souvent contraintes par des impératifs liés à la sphère du travail, la sphère de l’engagement, la sphère domestique et la sphère du temps libre (Kaufman V.) A partir de travaux d’horizon divers (théorie macro-sociale (Bell, 1978), sociologie des loisirs (Lalive d’Epinay et al., 1982 ; Krippendorf, 1987). Il abordera :
- les tourismes dans l’ensemble temps libre/loisirs
- la transversalité de la notion de mobilité (pratiques de ceux qui se déplacent mais aussi constructions d’identités à travers les rapports entretenus avec des territoires différents)
- les mobilités et leur influence sur les hiérarchies sociales (est-ce que les rôles respectifs des groupes sociaux dominants et dominés au sein d’une société caractérisée par une grande propension à la mobilité et à la dispersion, sont les mêmes que dans une société moins mobile ?).

Dominique Crozat questionnera la mutation des fondements du tourisme dans la modernité contemporaine. Le tourisme est né d’une tentation de l’Autre, d’un déplacement susceptible d’offrir un décentrement, de favoriser un regard réflexif sur soi et son chez soi (Urbain, Saïd). Même si, de fait, ces motivations se sont souvent révélées ambiguës et égoïstes, elles sont à l’origine de l’essor considérable de l’activité depuis un siècle et demi. L’accélération des mobilités et échanges, tant physiques que médiatisés, impose d’essayer de comprendre l’évolution de cette relation à l’Autre et au lointain, toujours invoquée, en particulier par la publicité, mais devenue parfois difficile à justifier dans un contexte de relative proximité et de standardisation des modes de vie et des prestations proposées. L’intervention questionnera trois de ses dimensions contemporaines :
- La persistance d’une distance à l’ethnocentrisme qu’on tente de réguler, à défaut de vraiment atténuer, par les tourismes solidaire, communautaire, responsable, etc. (Schéou)
- Le problème de l’échange inégal tant en ce qui concerne les moyens que la décision.
- La construction hyper réelle de l’Autre (Perrot, Vander Gucht)


Ecotourisme et Développement durable : écotourisme et tourisme communautaire 

21 juin à partir de 9h30 à la MSH-M
- B. Moizo, anthropologue, (UMR GRED, IRD, UM3)
- B. Schéou, économiste, (CEMOTEV, UVSQ, UPVD)
- A. Girard, sociologue, (VECT, UPVD)


Tourisme et retombées économiques

22 novembre à partir de 9h30 à la MSH-M

- Philippe Méral, économiste, (UMR GRED, IRD, UM3) Retombées économiques de l’écotourisme : entre mythe et réalités

La capacité de l’écotourisme à générer des ressources économiques à destination des populations locales fait partie de la rhétorique accompagnant la promotion de cette activité. Pourtant il existe assez peu de données tangibles permettant de vérifier ce que nous pouvons appeler l’hypothèse vertueuse de l’écotourisme, pour reprendre l’expression de Wunder (1990). Notons enfin que l’écotourisme, grâce à cette hypothèse, est tantôt considérée comme une activité de conservation de la biodiversité via des activités de développement, tantôt comme une forme de paiement pour service environnemental. Ce faisant, il échapperait aux critiques et débats entre PCDI et Paiements directs, ce qui est étonnant compte tenu de l’absence de données claires sur ce supposé effet vertueux. Notre intervention vise à participer à ces débats en montrant comment est née cette hypothèse de nature économique, comment elle peut être traitée sur la base d’études de cas (Madagascar…) et finalement comment on peut comprendre cet engouement toujours aussi présent dans les milieux de la conservation.

- Estienne Rodary (IRD)

Les débats sur le tourisme durable dans les Suds ont systématiquement buté sur un problème récurrent, celui des liens entre les formes durables et les formes existantes. L’argument principal qui milite en faveur du tourisme tel qu’il existe aujourd’hui par rapport à d’autres activités est basé sur l’importance de ce secteur et sur son taux de croissance. Mais, dans le même temps, ce développement s’est construit sur des configurations dont les conséquences environnementales et sociales sont désormais reconnues comme largement négatives. Comment alors faire pour que le tourisme durable puisse associer les côtés positifs du tourisme « classique » aux bienfaits qui constituent la critique même de ce tourisme ? Le dépassement de cette contradiction est gêné par deux facteurs. D’une part, l’importance accordée à la dimension économique du tourisme. D’autre part, le mélange des genres qui existe entre la production scientifique et la production politique, dans leur effort de dégager des « bonnes pratiques ». La conférence cherchera au contraire à identifier et expliquer les transformations nécessaires pour que se consolide un tourisme durable. Prenant acte des limites du tourisme tel qu’il se pratique actuellement, elle proposera une définition du tourisme durable comme un objectif politique de modification des relations de pouvoir qui caractérisent aujourd’hui le système touristique dans les Suds. Ces transformations peuvent être caractérisées par trois éléments. Elles seront déjà gênées par l’importance des structures existantes qui œuvrent à la pérennisation de systèmes socialement et écologiquement insoutenables. Le passage vers la soutenabilité nécessitera ensuite des choix politiques et ne pourra pas émerger de simples rationalités économiques ou écologiques. Enfin, le tourisme durable ne consistera pas en une transformation intégrale du système mais, plus sûrement, en une diversification des formes de déplacement pour le loisir. La conférence fera l’hypothèse que la diversification est l’élément qui permettrait d’établir cette durabilité, et ceci à deux niveaux. D’une part, parce que la diversification est susceptible de répondre aux enjeux économiques d’inscription du tourisme dans l’économie territoriale et aux impératifs écologiques de résilience. De l’autre, parce que la diversification pourrait idéalement amener le tourisme à ne plus être qu’une simple activité économique placée sous le signe du simulacre de la rencontre, mais des réseaux de création de liens sociaux.


Agritourismes et valorisations touristiques de la nature

Conférences dans le cadre du Congrès de l’UGI 2011 
à la Pontificia Universidad Católica de Valparaíso, du 14 au 18 novembre à Valparaiso (Chili)


Quel tourisme pour les villes classées au patrimoine mondial de l’UNESCO ? 

Journée d’étude le 14 décembre, Site Saint-Charles salle 5.

Mise en tourisme du patrimoine UNESCO (1)
- Daniel Bartement : Patrimoine mondial de l’humanité et citoyenneté, de la construction du problème et de ses usages.
- Bezab Atyabi : La négociation autour des normes UNESCO à Ispahan (titre provisoire)
- Caterina Tuci : Patrimonialisation des espaces naturels ; le cas des Galapagos (titre provisoire)
- Mehmet Ali Dogan : Enjeux de l’inscription de Diyarbakir (Kurdistan) au patrimoine mondial de l’humanité
- Sébastien Jacquot : Comment rendre possible la mise en tourisme des périphéries d’une ville UNESCO ?

 

 

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