Tranquillité, sécurité, interactions dans la ville

2 décembre 2011, Université Paul-Valéry, site de Saint-Charles, salle 5


Programme

8h45 Accueil

9h00 Présentation du projet d’Observatoire et les logiques de l’enquête sur l’usage des caméras de vidéosurveillance de Montpellier. Dominique Crozat, Géographie sociale, Montpellier 3

9h15 Vidéosurveillance : les raisons d’un succès apparent. Laurent Mucchielli, Sociologie, LAMES, CNRS

La vidéosurveillance (rebaptisée vidéoprotection en langage d’Etat) connaît un succès croissant auprès des collectivités territoriales. Pourtant, les études scientifiques indépendantes soulignent le faible impact de cette technique dans la lutte contre la délinquance, ainsi que son coût très élevé. D’autres formes de rationalités sociales et politiques sont donc à l’œuvre. L’on tentera de les identifier et de les expliquer en termes de sociologie politique.

10h30 Circulation de discours sur la violence : réunions des groupes territoriaux à Montpellier. Claudine Moïse, Sciences du langage, Grenoble 3 Dans le cadre du Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance ont été mis en place des Groupes Territoriaux composés de partenaires institutionnels et associatifs (Transports de l’Agglomération de Montpellier, bâilleurs publics, Maisons pour Tous, Education Nationale, etc.) qui œuvrent dans le champ social et éducatif. Les réunions trimestrielles par quartier permettent d’échanger sur les préoccupations urbaines : sorties des écoles, troubles du voisinage, sécurité routière, etc. Il s’agira ici de voir comment, au-delà des faits évoqués, se construit dans les interactions l’image d’une certaine violence urbaine. Que peut-on dire alors de l’intérêt de ces réunions ? Permettent-elles un débat et des avancées sur les relations dans la ville ou, au contraire, participent-elles de représentations et donc d’empêchements ? 11h15 Regards sur les prises en charges des usages d’appropriation des espaces publics dans le cadre des stratégies territoriales de sécurité et de prévention de la délinquance : panorama des pseudo diagnostics et des outils mis en œuvre. Fabrice Morand, consultant À partir de missions dans le cadre des politiques publiques et d’expériences de terrains, il s’agira ici d’analyser et de critiquer les diagnostics et outils mis en œuvre pour « mesurer » les usages des espaces publics, en regard des stratégies de sécurité et de prévention de la délinquance.

12h Présentation du DVD Violence verbale : fulgurances au quotidien. Claudine Moïse. Production CRDP de Montpellier

La violence verbale peut être fulgurante dans l’espace public ; elle fragilise alors les relations, menace et blesse l’intégrité des personnes. Vécue et ressentie, elle est difficilement définie et circonscrite. Pour mieux la décoder et la prévenir ce DVD analyse, à travers des saynètes du quotidien et des interventions d’experts, ses déclencheurs, ses différentes étapes et ses caractéristiques linguistiques. Il présente aussi les actions possibles pour la déjouer lors de situations de conflits et de tensions.

14h15 Présentation du protocole de l’enquête sur l’usage des caméras de vidéosurveillance de Montpellier. Bruno Bono et Laurent Fauré, Sciences du langage, Montpellier 3.

14h30 Les opérateurs d’urbanité de la vidéosurveillance : construire le miroir d’une ville. Dominique Crozat, . Catherine Sélimanovski, Géographie sociale, Montpellier 3 De prime abord, la vidéosurveillance effectuée à Montpellier peut apparaître superficielle, par choix ou indifférence. Mais, de fait, le travail des opérateurs révèle aussi une capacité indiscutable à s’inscrire dans le processus de construction de la cité. Cette action exprime une conception traditionnelle de la ville : polarisée sur un centre très étroitement défini, en particulier la nuit et lors d’événements, elle suggère une urbanité ajustée sur un strict contrôle de cet espace central quand les périphéries sont régulées de manière beaucoup plus souple. Les événements occupent une place centrale dans ce dispositif pour le potentiel d’intensification de la surveillance qu’ils permettent tout en offrant une définition spatialement plus précise de la ville et une sélection efficace de ceux de ses habitants qu’on insère ou éloigne de la cité.

15h15 Dispositifs socio-techniques de surveillance urbaine : des scénarios communicationnels à la construction du sens dans l’activité professionnelle. Catherine Delavergne, Sciences de l’information et de la communication, Montpellier 3

A partir d’une description des scripts ou scénarios, c’est-à dire de la mise en forme technique du dispositif ainsi que des règlements et procédures associés (Akrich 1993), l’objectif est de déconstruire les processus communicationnels de configuration (typification) et d’enrôlement des acteurs et actants concernés (formes d’engagement) par le dispositif de vidéosurveillance. Une première exploration de ces prescriptions et distributions de responsabilités, à partir de séances d’observation en CSU, permet de questionner les processus de « sensemaking » (Weick) en jeu dans l’action située des opérateurs : la construction d’une subjectivité générique, la reconnaissance d’une qualification technique (Mintzberg), et la difficile construction du sens dans l’activité de veille sans instructions. 16h La vidéosurveillance en pratique(s) : rendre compte des interactions de travail dans un centre de surveillance urbaine. Laurent Fauré, Bruno Bonu, Sciences du langage, Montpellier 3

Une méthodologie ethnographique fondée sur des enregistrements audiovisuels permet de mettre en évidence les activités et les échanges complexes qui se produisent dans un Centre de Surveillance Urbaine. Les opérateurs s’engagent dans le travail individuel sur les écrans, dans des échanges bipartites ou en petit groupe. Les interactions se déroulent soit en présence, entre les seuls membres de l’équipe, soit lors d’appels téléphoniques entrants et sortants avec la Police, Nationale et/ou Municipale, les autres services communaux et les transports urbains. Ces appels visent à traiter la différence d’informations des différentes équipes (opérateurs et policiers dans les centres de contrôle et agents dans l’espace public) sur les situations en examen. La dynamique de l’activité oscille entre l’attention non focalisée et diffuse et l’engagement focalisé soutenu par un regard spécifique, en continuité avec la perception de sens commun de l’espace urbain. L’analyse détaillée de ces activités met en lumière les ressources visuelles et interactionnelles utilisées par tous les acteurs pour définir les événements et catégoriser les individus.

17h Synthèse et débat final. Laurent Mucchielli.

 

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