Programme du séminaire 2009


Violence verbale familiale et histoires de résilience racontées par les adolescents

Jeudi 26 février 2009 de 10h30 à 13h30 : séminaire à la MSH Paris Nord et, en visioconférence, à la MSH de Montpellier

Invitée : Michelle Van Hooland, doctorante en psychologie sociale de la santé (LAUREPS, Rennes 2), docteure en sciences du langage, formatrice en formation continue, chercheure associée PREFics (EA3207/UMR CNRS 8143) Rennes 2 (France) Université européenne de Bretagne, et auteure d’ouvrages chez L’Harmattan, Paris : Les Contes du sac percé, Six petites histoires de résilience, 2008 ; Maltraitance communicationnelle, L’histoire communicationnelle dans les récits d’enfance maltraitée, 2006 ; La troisième personne, Maltraitance, résilience et interactions verbales, 2005. Discutante : Béatrice Fracchiolla, université de Paris 8

L’insulte, entre esthétique et abjection

Jeudi 26 mars 2009 de 10h30 à 13h30 : séminaire à la MSH Paris Nord et, en visioconférence, à la MSH de Montpellier

Invitée : Laurence Rosier, Université libre de Belgique / Ladisco, auteure de nombreux ouvrages, dont : Ernotte, Ph. et Rosier, L., Le lexique clandestin, Louvain-la-Neuve, De Boeck, collection « Français et société », 2000 ; et Rosier, L., Petit traité de l’insulte, Bruxelles, Labor, 2007 (première édition épuisée mais réédité en mars 2009). Discutante : Béatrice Fracchiolla, université de Paris 8

Ethos légitime, injure et argumentation : l’injure et sa répétition dans les stratégies de disqualification de l’adversaire

Jeudi 30 avril 2009 de 10h30 à 13h30 : séminaire à la MSH de Montpellier et, en visioconférence, à la MSH Paris Nord

Invitée : Claire Oger, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris 13, membre du LabSic (Paris 13) et membre associée au Ceditec (Paris 12). Ses recherches portent principalement sur l’analyse du discours institutionnel et sur la légitimation des pratiques discursives. Claire Oger se propose de présenter des travaux menés dans le cadre de l’analyse de discours qui s’interrogent sur les relations entre injure et argumentation. Il s’agit d’une part de resituer le recours à la violence verbale dans ses relations avec le dispositif de l’argumentation polémique. D’autre part la violence verbale est envisagée à travers une approche du discours sur l’injure, et singulièrement à travers l’étude du discours de femmes politiques sur les formes verbales du sexisme auxquelles elles ont été confrontées. Enfin, l’étude d’un corpus de presse constitué pendant la campagne présidentielle de 2007 suggère que les formes explicites de sexisme, comme l’argument de l’incompétence, tendent à s’effacer au profit de formes plus indirectes de déni de légitimité, parmi lesquelles figurent principalement les jugements évaluatifs ambigus que produisent les journalistes sur la combativité des femmes politiques. Plus généralement son approche invite à s’interroger sur deux points : la fonction de l’injure et de sa répétition dans les stratégies argumentatives et les effets de retournement qui en résultent ; la centralité de l’ethos, et singulièrement de l’ethos combatif, dans les conflits de légitimité qui sous-tendent l’argumentation polémique. Discutante : Christina Romain, université de Provence

Comment permettre à l’enseignant de gagner en sécurité ontologique

Jeudi 28 mai 2009 de 10h30 à 13h30 : séminaire à la MSH de Montpellier et, en visioconférence, à la MSH Paris Nord

Invitée : Claudine Lévêque, maître assistante, Haute École Blaise Pascal (formation initiale et continue des enseignants), formatrice et coach en communication, formatrice de formateurs en technesthésie et coauteure du livre : F. Bertelot et C. Lévêque, Parler en public avec plaisir, méthode technesthésie pour gagner en puissance et en conviction devant l’autre, Paris, Dunod, 2007. Linguiste et didacticienne, Claudine Lévêque enseigne dans un département pédagogique. Spécialiste en communication et coach en management relationnel, elle forme aux techniques de communication et accompagne en entreprises des équipes et des responsables dans leur évolution personnelle et professionnelle. Elle développera dans son intervention trois aspects, avec une attention particulière au troisième : 1/ un contexte : l’école comme un laboratoire à charges hautement explosives ; 2/ une triple piste d’action face aux réactions d’agressivité : explorer les ressources de l’éthologie, renforcer la sécurité ontologique de l’enseignant, proposer des outils didactiques pour installer un dispositif de parole en classe ; 3/ un outil : une discipline de développement personnel d’origine française : la technesthésie. Objectif : développer la conscience de soi et de sa présence dans l’interaction verbale pour réguler ses émotions, faire tomber la pression, calmer une personne ou un public difficile, se faire entendre, garder l’initiative afin de gagner en présence / en « juste autorité », se sécuriser et sécuriser en pratiquant un entraînement physique pour retrouver la sensation à ses appuis physiques, (la vertu du silence du regard, de la posture, de l’énergie, de la voix, du rythme de l’espace) et développer son intelligence émotionnelle et relationnelle. Discutante : Nathalie Auger, université de Montpellier 3

« Commence par te taire si tu veux me répondre ! ». L’injonction magistrale vécue : une source de frustration entre violence symbolique et argument d’autorité ?

Jeudi 25 juin 2009 de 10h30 à 13h30 : séminaire à la MSH de Montpellier et, en visioconférence, à la MSH Paris Nord

Invités : Laurent Fauré – Praxiling – UMR 5267 CNRS, université de Montpellier 3 et Yves Soulé – LIRDEF – IUFM de Montpellier, université de Montpellier 2

Qu’elle sache se faire douce ou qu’elle n’échappe pas à une relative brutalité, la parole du maître suscite sous ce mode injonctif la multiplication voire l’hypertrophie des foyers d’attention. Il ne s’agit pas au reste de remettre en cause le statut magistral en soi mais bien de se proposer d’observer en quoi l’activité sous tension(s) implique le dégagement d’apprentissages seconds (formes plus ou moins tardives d’introjections ?) Or on sait bien que ceux-ci peuvent précisément engendrer, selon les subjectivités et les modes d’acculturation, soit l’appropriation de rites normatifs de socialisation, soit des phénomènes de frustration. Il est tout aussi connu que la manifestation réactive du sujet se trouvera d’autant plus différée que l’accès à la verbalisation sera difficile ou contrariée. Si la violence s’origine dans la frustration, ce sentiment même trouve sa source peut-être moins dans une causalité symétrique que dans une ponctuation de ratages à portée d’offenses territoriales (FTAs de la tradition goffmanienne) non réparées. Les situations scolaires que nous étudierons prioritairement constituent à cet égard un enseignement pour la violence ressentie dans bien d’autres contextes socio-interactionnels (tels les échanges professionnels ou certains cas de relations complémentaires). Il s’agit donc de relire ces procédés généralement sociologiquement catégorisés en amont de l’analyse en termes émergentiels permettant de rendre compte de la production même des statuts interactifs et des formatages affectifs. Ces derniers seront approchés comme instruisant les rapports symboliques, le procès personnel de dégagement du soi-même et leur cristallisation. Discutante : Nathalie Auger, université de Montpellier 3

La violence en milieu scolaire

Jeudi 24 septembre 2009 de 10h30 à 13h30 : séminaire à la MSH de Montpellier et, en visioconférence, à la MSH Paris Nord

Invitées : Béatrice Mabilon-Bonfils et Edith Tartar Goddet Béatrice Mabilon-Bonfils, auteure de L’Invention de la violence scolaire, éditions Erès, est agrégée de sciences sociales et docteur HDR en science politique, elle est sociologue à l’IUFM de Dijon et membre de l’IREDU-CNRS de Dijon. Elle questionne dans ses travaux à la croisée des sciences de l’éducation, de la sociologie et de la psychanalyse, l’École en tant qu’institution et organisation de pouvoirs, les sociabilités juvéniles dans et hors de l’école, les violences scolaires autant que l’identité au travail des enseignants. À travers son ouvrage sur L’Invention de la violence scolaire, elle s’intéresse plus spécifiquement à la définition de la violence scolaire et sur l’École en tant que lieu politique, elle invite à un débat sur la fonction de l’École dans une société confrontée à une rupture du pacte républicain et s’interroge sur le lien entre violence scolaire et crise du politique. Elle a également publié en collaboration avec L. Saadoun : L’école en crise, Paris, Briché, 2008 et Sociologie politique de l’école, Paris, PUF, 2001. Edith Tartar Goddet est psychologue clinicienne et psychosociologue. Dans le cadre scolaire, elle travaille avec de nombreux jeunes et les adultes qui les encadrent (parents, enseignants, éducateurs, etc.) sur les règles en usage dans les établissements qu’ils fréquentent. Elle a une longue expérience du travail auprès des jeunes (approche individuelle de l’adolescent en souffrance, approche culturelle du jeune en groupe) et a publié plusieurs ouvrages chez Retz dont notamment : Développer les compétences sociales des adolescents par des ateliers de parole, Retz, 2007 ; Savoir communiquer avec les adolescents, Retz, 2006 ; Savoir gérer les violences du quotidien, Retz, 2001. À travers son ouvrage Prévenir et gérer la violence en milieu scolaire, Retz, 2006, sur lequel s’appuiera son intervention, elle s’attache d’abord à dresser un état des lieux des violences qui se produisent dans les établissements scolaires et des signes d’alerte chez les élèves mais aussi des violences institutionnelles sur le personnel. Elle s’intéresse ensuite plus spécifiquement au traitement et à la prévention de la violence en milieu scolaire. Son ouvrage aborde la violence scolaire sous un angle relationnel et propose des pistes d’actions concrètes. Discutante : Christina Romain, université de Provence

L’argument ad personam : Quelles fonctions pour la violence verbale dans l’espace démocratique ?

(Par Ruth Amossy),

suivi de :

Violence verbale et agitation sociale : le discours des étudiants français contre la guerre d’Algérie

(par Eithan Orkibi)

Jeudi 5 novembre 2009 de 10h30 à 13h30, séminaire à la MSH Paris Nord et, en visioconférence, à la MSH de Montpellier

Invités :
- Ruth Amossy, professeur émérite à l’université de Tel-Aviv, titulaire de la chaire Glasberg de Culture française, coordinatrice du groupe de recherche ADARR, http://www.tau.ac.il/ adarr
- Eithan Orkibi, maître assistant au département de français de l’université de Tel-Aviv, membre du groupe ADARR, travaille sur le discours étudiant. Il a écrit un article paru dans le premier numéro de Argumentation et Analyse du discours, http://aad.revues.org

Séminaire ouvert à tous. L’inscription n’est pas obligatoire mais vous pouvez nous indiquer votre venue si vous le souhaitez. Contact pour l’ensemble du séminaire : claudine.moise univ-avignon.fr, bearfrac yahoo.com

 

 

Dans la même rubrique :



 

© MSH-M 2006-2017
Maison des Sciences de l'Homme de Montpellier
17 rue Abbé-de-l'Épée — 34090 Montpellier — France
msh-m.frcontact(at)msh-m.org