Les marques de confrontation aux normes patriarcale et linguistique dans des écrits en domaine occitan au XIXe siècle : Athénaïs Mialaret et Lydie Wilson.

Rose Blin-Mioch


Les effets des interactions culturelles, se limitent rarement tant pour les individus qu’en ce qui concerne les groupes-constitués ou non- aux effets d’une seule rencontre. C’est le cas en domaine occitan. Le renouveau de la langue et de la culture, avec pour tête de proue Mistral et la fondation du Félibrige, se déroule dans une époque historique qui peut paraître chaotique mais qui aboutit à l’affirmation de la République. Le code civil (1803) a fait des femmes des mineures, le droit au divorce par faute est aboli en 1816 et ne sera rétabli qu’en 1884, le « suffrage Universel » enfanté par la révolution de 1848, est strictement masculin. L’enseignement des filles n’est pas encore organisé et laissé aux religieuses. Pour ce faire une culture patriarcale est à l’œuvre, qui va de l’église à Proudhon. Le féminisme, se construit dans ce siècle, en confrontation à cette situation.
Dans l’espace qui devient alors le Midi, la langue occitane -minorée par l’Édit de Villers Cotterêt (1539), puis par la Révolution Française- demeure la langue du peuple.
Dominées en tant que femmes, les deux écrivaines, prises en référence, reçoivent par « héritage » pour Athénaïs Mialaret, par choix que l’on peut qualifier de politique et littéraire pour Lydie Wilson, cette langue minorée, ce « patois », terme propre au français. Compagnes de républicains reconnus tant par leurs actions que par leurs théories, l’histoire pour Jules Michelet , la poésie ( Parnasse contemporain) et le fédéralisme pour Louis-Xavier de Ricard, c’est par l’écriture qu’Athénaïs et Lydie vont conquérir leur émancipation, non sans contradiction. C’est ce que nous allons essayer de montrer en relevant les marques de « soumission et domination ; acceptation et refus ; tolérance et intolérance » de ces deux « rencontres » dans leurs écrits
Nous nous sommes limité pour Athénaïs Mialaret à ses « Mémoires d’une enfant » (1864) ; pour Lydie Wilson à sa correspondance .( 1876-1877) avec Auguste Fourès, fondateur avec son mari et elle même du Félibrige rouge.
Après avoir brièvement esquissées leurs vies et énoncé leurs œuvres, nous relèverons les marques de « soumission et domination ; acceptation et refus ; tolérance et intolérance », pour la domination hommes/femmes dans les thématiques suivantes : l’éducation – la condition des filles- ; l’amour, le mariage, la maternité ; l’absence ou la présence d’expression de la sexualité. L’écriture comme émancipation ( par rapport à la société, à leur époux). Le travail. La politique.
Pour les langues : les apprentissages ; l’utilisation du français et de l’occitan ; l’appellation de la langue minorée- langue-patois-dialecte- ; les choix littéraires.

Cette étude ne prend en compte que deux facteurs d’interactions culturelles, d’autres pourraient être envisagés : origines sociales, religion ( de l’athéisme au protestantisme en passant par l’anti-cléricalisme) ; les origines étrangères de leurs familles ; l’ engagements de leurs époux ; le fait d’être femmes mais pas mère- dans le sens où elles n’élèvent pas d’enfant- ; les foyers intellectuels auxquels elles ont participé, entre province et Paris.

BIBLIOGRAPHIE

- Charle Christophe Histoire sociale de la France au XIX e siècle ;Seuil, Points Histoire ; La Flèche 1991, 410 pages
- Thébaud Françoise :Sociétés, espaces, temps, Écrire l’histoire des femmes ; ENS éditions, Fontenay/St Cloud, 2 e édition octobre 1998, 226 pages
- Kirsch F Peter, Kremitz Georg, Schlieben-Lange Brigitte, Petite histoire sociale de la langue occitane, usages, images, littérature, grammaires et dictionnaires, traduit de l’ allemand par Catherine Chabrant, Édition Trabucaire, Girona 2002, 189 pages

Rose Mioch (Blin-Mioch)
Doctorante en domaine occitan sous la direction de M Philippe Martel
Redoc/É.T.O.I.L.L
Université Paul Valéry, Montpellier III
Titre de la thèse de Doctorat : Publication critique de la correspondance de Lydie Wilson, épouse Louis-Xavier de Ricard ( 1850-1880)

 

© MSH-M 2006-2017
Maison des Sciences de l'Homme de Montpellier
17 rue Abbé-de-l'Épée — 34090 Montpellier — France
msh-m.frcontact(at)msh-m.org