Programme du mardi 27 février 2007


Axe 1 « Cultures, identités, transferts culturels » de la Maison des Sciences de l’Homme de Montpellier, Centre interdisciplinaire d’étude du religieux : Séminaire 2007-2008 : Transmission, traduction, propagande

« Les missions : faits, modèles, stratégies (XVIIe-XXe siècles) »

Journée d’études du mardi 27 février 2007 de 9h à 17h.

9h00 - 10h15

Face à la montagne. Le jésuite Jean Forcaud et la Mission des Pyrénées 1635-1649

Par Serge Brunet, professeur d’histoire moderne à l’Université Paul-Valéry Montpellier III
- À l’occasion de la publication des relations de missions inédites, nous souhaitons revenir sur la démarche missionnaire vers les “ Indes de l’intérieur ”. Le jésuite Jean Forcaud, comme Jean-François Régis l’apôtre du Vivarais, du Velay et du Forez, choisit d’évangéliser les montagnes, mais vides de “ l’hérésie protestante ”. Dans la suite d’une réflexion collective sur la “ religion des montagnes ”, nous nous efforcerons de décrypter l’effet de miroir qui conditionne le choix de ces fondateurs lesquels aspirent au martyr et à la sainteté, la réaction des autorités tant religieuses que civiles, et les modes de réception des populations évangélisées.
10h45 - 12h00

La mission au XVIIIe siècle : éveil protestant et déclin catholique ?

Par Yves Krumenacker, Professeur d’Histoire moderne, Université Jean Moulin, Lyon II.
- Si l’on se place au début du XVIIIe siècle pour établir un bilan comparé des missions catholiques et protestantes, le contraste apparaît saisissant. D’un côté, les missionnaires catholiques ont sillonné tout le monde connu et, si leurs efforts n’ont pas toujours été couronnés de succès, notamment en Afrique et en Asie, du moins ont-ils tenté de proclamer partout l’Évangile. De l’autre, le protestantisme s’est caractérisé par une “ abstention missionnaire ” remarquable. Or la fin du XVIIIe siècle présente un bilan très différent : les missions catholiques n’ont guère fait de progrès et ont même dû abandonner certains territoires, la Chine étant le plus connu, alors qu’on trouve des missionnaires protestants au Groenland, à Tranquebar en Inde, aux Antilles, en Amérique du Nord, sur la Côte de l’Or et en Afrique australe. Comment alors expliquer ces changements ? Pour tenter de répondre à cette question, nous procéderons en plusieurs temps. Tout d’abord un état des lieux des missions effectuées au XVIIIe siècle devrait nous permettre de repérer quels sont les milieux missionnaires. Nous pourrons ensuite nous demander pourquoi ils le sont, en s’intéressant aussi bien à leur pensée qu’aux conditions matérielles et politiques qui les favorisent ou handicapent leur action. C’est alors, dans un troisième temps, qu’il sera possible de formuler des hypothèses sur les facteurs qui peuvent ou non favoriser les missions.
12h00 - 13h30 Déjeuner [1]
13h30 - 14h45

Droit des immeubles et droit des missions sous la IIIe République dans les colonies : le juge colonial entre Domaine et Missions

Par Bernard Durand, Professeur à la Faculté de droit, Université de Montpellier I
- Rarement de la compétence du législateur métropolitain, sinon à appliquer les solutions arrêtées sous le régime du concordat, souvent abandonné au législateur local et encore plus souvent laissé à l’état de “ fait ”, le droit des missions dans les colonies, lorsque s’engage la question des liens entre Eglise et Etat sous la IIIe République, accuse des traits originaux. Au-delà de la question relative aux autorisations, à la police des cultes, aux immeubles affectés aux cultes, revient de façon répétée la question du droit de propriété reconnu aux missions. Procès, transactions, arrangements, conflits font se rencontrer le Domaine et les “ missions ” devant un juge le plus souvent embarrassé pour dire le droit. Faut-il en conclure que les difficultés d’introduire les lois de 1901, 1904, 1905 se marient avec celles lancinantes de l’introduction d’un régime du droit des biens, tout aussi difficile à dessiner ? C’est l’hypothèse à présenter.
15h15 - 16h30

L’émergence de la missiologie comme discipline critique du fait missionnaire au XIX-XXe siècle

Par Jean-François Zorn, professeur d’histoire du christianisme à l’époque contemporaine à l’Institut Protestant de Théologie, Faculté de Montpellier
- L’enseignement et la recherche missiologiques de type universitaire dans l’espace francophone sont une création récente, des années 1980. Comment expliquer ce “ retard ” alors que la première chaire universitaire de missiologie en Europe a été instituée dans l’Allemagne protestante à la fin du XIXe siècle ? Cet exposé s’attachera d’abord, avec l’appui des hypothèses du missiologue protestant français Édouard Vaucher (1847-1920), à définir quelques facteurs généraux qui expliquent pourquoi la pratique missionnaire contemporaine précède la théorie missiologique. Née au premier XIXe siècle dans l’esprit du Réveil, la mission outre-mer craint la missiologie comme discours critique de son geste, réussit même sans la missiologie avant d’en avoir besoin pour faire face à ses difficultés. L’étude de cas de l’École des missions de la Société des Missions protestantes française (1822-1970) permettra de s’interroger sur les fondements épistémologiques d’une discipline théologique contemporaine, la missiologie.

[1] prière de vous inscrire si vous désirez participer au déjeuner par téléphone au 04 99 63 69 20/21 ou par courriel mshm univ-montp3.fr

 

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