Présentation


Ce colloque est l’aboutissement d’un programme interdisciplinaire de recherche, conduit en 2003 et 2004 dans le cadre de la préfiguration de la Maison des Sciences de l’Homme de Montpellier Dynamique des interactions euro-méditerranéennes. Identités, territoire, développement, formellement crée le 23 septembre 2005. Des ethnologues, des historiens, des psychologues, des littéraires, des analystes du discours ont travaillé en commun autour des processus de catégorisation et de stéréotypisation de l’altérité. Inhérents aux opérations de pensée, établis dans le système de la langue et rejoués sans cesse dans les discours, ces processus intéressent la plupart des sciences humaines dans leur champ propre. Ils les concernent aussi par les préjugés qu’ils mobilisent, toujours au détriment de l’intercompréhension et avec des effets sociaux qui peuvent conduire au pire. C’est toutefois dans le domaine scientifique plus que dans celui des impacts sociaux que les travaux se situent.

Le projet vise à tirer parti de la diversité des approches d’un même phénomène pour avancer, par le biais de croisements transdisciplinaires, dans la connaissance des déterminations historiques, sociales, politiques ou culturelles et dans la compréhension des processus perceptifs et cognitifs mis en jeu. On a convenu d’ouvrir le colloque à d’autres chercheurs, conduits par leurs propres travaux à explorer la même problématique. On souhaite que la rencontre soit l’occasion de collaborations nouvelles dans cette recherche collective et ses développements à venir.

Les discours étudiés concernent les situations « coloniales » au sens large ; la « colonie » étant comprise, conformément à la norme lexicale, comme le fait d’un « groupe de personnes originaires d’un lieu et vivant dans un autre ». Les échanges, les formes diverses de collaboration, d’association, d’intégration, ou à l’inverse les tensions, les conflits, les affrontements identitaires voire les exclusions, toutes ces situations de contacts conduisent aux multiples figures de la « dialectique du même et de l’autre ». Aussi les discours produits dans les contextes coloniaux en sont-ils souvent exemplaires. L’intérêt d’une analyse des processus qui aboutissent à des catégorisations et à des représentations stéréotypées de l’altérité n’est pas seulement historique. Récusées, dénoncées, ces élaborations sont néanmoins reprises et réaménagées par le sens commun. Les polémiques présentes sur les réactivations ou les contestations de la mémoire coloniale témoignent suffisamment de cette emprise. La perception de l’altérité ne se borne pas aux idées reçues. Elle informe aussi la production des connaissances en sciences humaines. Interroger sur ce point les sciences humaines, c’est analyser comment des discours du « savoir-pouvoir » ont pu légitimer des processus de stéréotypisation des « autres coloniaux » au sein même du champ scientifique. Ce qui invite à une réflexion critique et épistémologique sur la constitution des disciplines. Dans cette perspective, il ne s’agit plus d’étudier le stéréotype en lui-même et pour lui-même, mais d’analyser les usages et les enjeux des « instruments de pouvoir » que sont les stéréotypes dans des temporalités et des champs différents.

Parler des autres c’est aussi parler de soi, et ces images en miroir informent sur les fondements de la société et de la culture où circulent les représentations. Les élaborations de l’altérité au filtre de catégorisations et de stéréotypisations simplificatrices renseignent sur la manière dont l’émetteur construit sa propre identité. Ce qui vaut pour les sociétés dominantes comme pour les dominées ; et conduit à réfléchir sur le paradoxe où des images stéréotypées sont assumées, parfois revendiquées, par ceux à qui d’autres les avaient appliquées.

Unités de recherches montpelliéraines engagées dans le programme de recherche

UMR CNRS 5191 Praxiling ICAR
UMR CNRS 5609 Etats – Sociétés – Idéologies – Défense
EA 3532 CERCE, Centre d’Etudes et de Recherches Comparatives en Ethnologie
EA 3019 CEDIM,Centre d’Etudes romantiques et dix-neuviémistes
EA 3021 Laboratoire de psychologie expérimentale et cognitive : mémoire et cognition
EA 746 CESV, Centre d’Etudes du XXe Siècle

En collaboration avec la SIELEC, Société Internationale d’Etude des Littératures Coloniales

Coordonnateurs

Paul Siblot (UMR CNRS 5191, ICAR Praxiling), Paul Pandolfi (CERCE, EA 3532)

Comité scientifique

R. Abdelkefi (Université de Tunis), A. Berheri (Université d’Alger), D. Brouillet (EA 3021), J. Choukroun (CESV-EA 746), D. Domergue-Cloarec (UMR CNRS 5609), G. Dugas (CESV-EA 746), J-F. Durand (CESV-EA 746 et SIELEC), J.-R. Henry (IREMAM-CNRS), Ph. Martel (LAHIC CNRS), P. Pandolfi (CERCE-EA 3532), J. Sevry (SIELEC), P. Siblot (UMR CNRS 5191 ICAR Praxiling), A. Vaillant (EA 3019).

Comité d’organisation

Marie Anchier (MSH-M), Gérard Ghersi (MSH-M), Paul Pandolfi (CERCE-EA 3532), Florian Pascual (MSH-M), Marion Poudevigne (UMR CNRS 5191 ICAR Praxiling ), Paul Siblot (UMR CNRS 5191 ICAR Praxiling).

Contacts

Marie Anchier marie.anchier univ-montp3.fr +33 (0)4 99 63 69 20
Gérard Ghersi gerard.ghersi univ-montp3.fr +33 (04 99 63 69 22
Paul Pandolfi paulpandolfi aol.com +33 (04 67 60 61 45
Florian Pascual florian.pascual univ-montp.fr +33 (04 99 63 69 21
Marion Poudevigne marion.poudevigne univ-mont3.fr +33 (04 67 14 58 61
Paul Siblot paul.siblot univ-montp3.fr +33 (04 67 041 041

 

 

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