Présentation en français

Cerveaux en réseaux

Il est aujourd’hui possible, par les réseaux, de convertir l’exode des compétences en une mobilité positive. C’est le défi que relève le projet européen CIDESAL -Création d’incubateurs de diasporas des savoirs pour l’Amérique Latine- coordonné par l’IRD. A l’instar de nombreux pays du sud, l’exode des compétences est un problème récurrent dans les politiques de développement de l’Amérique Latine depuis 40 ans. Cet exode soutenu et continu a débouché sur la constitution de diasporas de personnes hautement qualifiées, dont une majorité est dispersée dans des pays européens. Leurs contours sont pourtant paradoxalement moins connus que celles résidant en Amérique du Nord, faute de données homogènes et d’observation coordonnée.

Longtemps perçues comme des ressources perdues, ces réseaux de diasporas qualifiées apparaissent aujourd’hui comme un capital social et humain non négligeable, potentiellement mobilisable par les pays d’origine. Des pays d’Amérique Latine ont été parmi les premiers à révéler au grand jour cette option diaspora de récupération des compétences au profit du pays d’origine, dans le milieu des années 1990. Mais leurs réseaux ont soufferts les vicissitudes de projets pilotes, sans obtenir les succès de leurs homologues asiatiques. Pourtant, ces expériences toujours en cours peuvent aujourd’hui être mises à profit. En effet, les difficultés des réseaux sont aujourd’hui systématiquement analysées et les bases de leur succès rigoureusement établies, à travers la mise en place de dispositifs appropriés. La fuite des cerveaux (brain drain) pourrait alors effectivement se convertir en un atout pour le développement (brain gain).

Mais le maillage effectif des diasporas suppose bien plus que la simple disponibilité d’une communication à distance. Le projet CIDESAL consiste – dans un premier temps- à construire des observatoires des migrations qualifiées d’Argentine, de Colombie et d’Uruguay. Ces observatoires déboucheront rapidement, dès la deuxième des trois années du projet, sur la création d’incubateurs de leurs diasporas d’ingénieurs, chercheurs et autres talents. Des dispositifs techniques, organisationnels, financiers et administratifs seront, en effet, développés et diffusés pour effectuer des reconnexions systématiques et productives des expatriés. Les incubateurs sont conçus comme des structures légères, partiellement virtuelles, regroupant ces dispositifs pour en faciliter l’accès aux expatriés et à leurs réseaux ainsi qu’aux détenteurs locaux de compétences appelés à circuler tout en maintenant le lien. L’émergence de ces structures sera promue dans les pays d’origine mais aussi dans les principaux lieux d’accueil de leurs migrants, en Europe.

CIDESAL est tout à la fois un projet de recherche et de développement. Associant les sciences sociales et celles de l’ingénieur, il fait le pari que des innovations organisationnelles et technologiques savamment combinées peuvent transformer les conditions de relations asymétriques planétaires. Il vise à démontrer que les instruments d’une nouvelle régulation mondiale sont à portée de main, dans la circulation des ressources humaines. Ils pourront, à partir de ce projet particulier, être étendus à d’autres zones géographiques et d’autres champs d’action.


Création d’incubateurs de diasporas des savoirs pour l’Amérique Latine

RESUME DU PROJET

1. Pertinence de l’action

o Présentation générale et analyse des problèmes. L’exode des compétences est un problème récurrent dans les politiques de développement de l’Amérique Latine depuis 40 ans. Cet exode soutenu et continu a débouché sur la constitution de diasporas de personnes hautement qualifiées, dont une majorité est dispersée dans des pays européens. Leurs contours sont pourtant paradoxalement moins connus que celles résidant en Amérique du Nord, faute de données homogènes et d’observation coordonnée. Par ailleurs, longtemps perçues comme des ressources perdues, ces réseaux de diasporas qualifiées apparaissent aujourd’hui comme un capital social et humain non négligeable, potentiellement mobilisable par les pays d’origine. Des pays d’Amérique Latine -l’Argentine, la Colombie et l’Uruguay- ont été parmi les premiers à révéler au grand jour cette option diaspora de récupération des compétences au profit du pays d’origine, dans le milieu des années 1990. Mais leurs réseaux ont soufferts les vicissitudes de projets pilotes, sans obtenir les succès de leurs homologues asiatiques. Pourtant, ces expériences toujours en cours peuvent aujourd’hui être mises à profit. En effet, les difficultés des réseaux seraient surmontées, grâce à leur compréhension, et les bases de leur succès rigoureusement établies, à travers la mise en place de dispositifs appropriés. La fuite des cerveaux (brain drain) pourrait alors effectivement se convertir en un atout pour le développement (brain gain).

o Problèmes spécifiques devant être traités par l’action. En Amérique Latine, les multiples tentatives de traiter le phénomène migratoire des personnes qualifiées ainsi que ses effets ont échoué. Les causes des échecs sont le manque d’information (1), le défaut d’instruments (2) et d’organisation (3) pour suivre, gérer et utiliser la mobilité. 1) L’information fait notoirement défaut dans l’étude des migrations qualifiées en général. Les statistiques ne permettent guère d’estimation précise par faute d’uniformité des catégories, de comparabilité des séries temporelles ou simplement de précision dans la collecte des données initiales, selon les pays (émetteurs et récepteurs). Au-delà des chiffres, l’identification et la localisation des expatriés hautement qualifiés susceptibles de se reconnecter au pays est un exercice faisable de façon systématique en exploitant diverses sources. Il n’a jamais été tenté autrement que de façon partielle, dans les cas latino-américains, fournissant une base étroite et fragile à toute fondation ultérieure. Enfin, les associations de migrants qualifiés, souvent appelées diaspora knowledge networks, sont elles mêmes seulement très partiellement connues des agences susceptibles d’en tirer parti -dans les pays d’accueil et/ou d’origine- et par conséquent négligées par les politiques publiques ou institutionnelles. 2) La mise en réseau d’expatriés dispersés dans le monde entier, leur reconnexion durable, l’optimisation ou simplement la bonne gestion de la circulation des compétences du pays en fonction des états du marché du travail, le transfert de connaissances et de valeurs intangibles de l’économie basée sur les savoirs, supposent des outils de suivi, de veille technologique et de prévision stratégique. Certains d’entre eux sont disponibles dans des pays latino-américains aujourd’hui mais pas tous. De plus, les diasporas constituent un champ nouveau dans lesquels les outils sont en cours d’élaboration et d’expérimentation. En effet, la socialisation de populations flottantes, aux identités multiples, aux intérêts et aux sollicitations parfois divergentes est un phénomène très complexe. La captation de cette ressource humaine et sa stabilisation sont problématiques et requièrent des investissements socio-techniques adaptés. 3) Enfin, l’organisation des réseaux propices à une circulation - non dissipative - des talents et la régulation adaptée des besoins en personnel qualifié dans des secteurs clés et sensibles sur le plan du développement social et humain (santé et éducation) exige des capacités d’anticipation, de négociation et de décision qui ne se créent pas spontanément. L’expérience des réseaux latino-américains révèle empiriquement, après de nombreux essais/erreurs, l’importance de modalités de gouvernance appropriées. Leur construction ad hoc est toujours exploratoire mais peut s’appuyer sur des modèles issus des sciences sociales.

o Description brève des groupes cibles et des bénéficiaires finaux. Les réseaux -existants et en construction- d’expatriés hautement qualifiés (dont les femmes constituent une majorité méconnue) sont les groupes cibles du travail effectué par le projet. Ils seront à la fois l’objet d’étude et d’action principal mais aussi parmi les premiers destinataires de ses produits. La deuxième catégorie de groupes cibles est celle des agences nationales et internationales, non-gouvernementales également, impliquées dans la gestion de la migration et des ressources humaines des pays concernés. Elles relèvent des pays d’origine et de ceux d’accueil des migrants. Les partenaires directs de ces réseaux et utilisateurs des services de ces agences dans les pays d’origine (universités, hôpitaux, instituts de recherche, entreprises innovantes, agences publiques, administrations nationales et locales) sont les bénéficiaires immédiats et à travers eux la population des 3 pays tirant partie de ce capital de compétences reconnectées/récupérées ou simplement conservées.

o Pertinence de la proposition par rapport aux besoins et contraintes en général des pays. Les pays d’Amérique Latine insistent tous sans exception sur l’importance des savoirs pour leur développement économique et social. Leur récupération est un enjeu majeur de la construction de capacités locales, autonomes et durables. Les cas de l’Argentine, de la Colombie et de la République Orientale de l’Uruguay ont été choisis précisément parce que les groupes cibles y sont présents et mobilisés. Les diasporas knowledge networks de ces pays sont à l’origine d’initiatives significatives et les agences publiques locales sont conscientes des enjeux que revêtent ces réseaux. L’exode des compétences y est élevé (proportionnellement égal ou supérieur à la moyenne latino-américaine) et la préoccupation des administrations pour éviter une déperdition des compétences locales dans des secteurs clés est évidente. Enfin, l’accent porté par ces 3 pays sur le développement par la connaissance n’en rend que plus crucial la nécessité de ne pas éroder leur base de compétence et même de l’élargir.

o Pertinence de la proposition par rapport aux priorités et aux conditions présentées dans les lignes directrices. L’établissement de dispositifs de suivi et d’association des groupes d’expatriés hautement qualifiés au développement des pays constitue une contribution majeure que peuvent faire les diasporas parallèlement aux transferts de fonds. Ces réseaux d’expatriés sont les supports d’une circulation des compétences, sans déperdition car récupérées par les dispositifs diasporiques. L’observation détaillée des catégories parmi ces émigrés ou parmi les migrants potentiels, en lien avec le marché local du travail qualifié, permet un traitement ad hoc concernant la santé et l’éducation, et par conséquent la mise en place éventuelle d’accords négociés, si cela s’avère nécessaire au vu des situations. Enfin, le projet a vocation à s’étendre aux pays voisins, notamment les pays andins dont les réseaux – balbutiants au Pérou, embryonnaires en Equateur, en gestation pour la Bolivie- méritent d’être encouragés et soutenus, avec une efficacité accrue déduite de l’expérience.

2. Description de l’action et son efficacité

o Description de l’action proposée, incluant de l’information de fond. On assiste aujourd’hui dans le monde à une prolifération de réseaux diasporas hautement qualifiés visant au développement de leurs pays d’origine. Ceux concernant l’Amérique Latine représentent moins d’un quart du total contre près d’un tiers pour l’Afrique et la moitié pour l’Asie. Pourtant, l’Amérique du sud était pionnière dans la constitution de ces réseaux au début des années 1990 et tout spécialement les trois pays concernés par ce projet. Si leurs réseaux initiaux se sont aujourd’hui éteints, d’autres ont pris la relève, signe d’une vitalité renouvelée en dépit des difficultés. Celles-ci ont été élucidées par diverses études récentes qui seront mises à contribution pour profiler les dispositifs d’accompagnement adéquats. Sur une base solide de connaissances seront établis rigoureusement les propositions concrètes. Le projet comporte, en effet, une double dimension : l’observation et la recherche d’une part et le développement et l’action, d’autre part.

o Description de l’objectif général de l’action, des outputs et des résultats attendus. L’action consiste à construire des observatoires des migrations qualifiées d’Argentine, de Colombie et d’Uruguay. Ces observatoires déboucheront rapidement, dès la deuxième des trois années du projet, sur la création d’incubateurs de leurs diasporas d’ingénieurs, chercheurs et autres talents. Des dispositifs techniques, organisationnels, financiers et administratifs seront, en effet, développés et diffusés pour effectuer des reconnexions systématiques et productives des expatriés. Les incubateurs sont conçus comme des structures légères, partiellement virtuelles, regroupant ces dispositifs pour en faciliter l’accès aux expatriés et à leurs réseaux ainsi qu’aux détenteurs locaux de compétences appelés à circuler tout en maintenant le lien. L’émergence de ces structures sera promue dans les pays d’origine mais aussi dans les principaux lieux d’accueil de leurs migrants, en Europe.

o Description des activités proposées et de leur efficacité. Le projet entend développer les activités suivantes de façon successive et combinée :
-  un dénombrement général et détaillé des populations expatriées hautement qualifiées, en ayant recours à des données locales et européennes essentiellement mais en perspective avec celle de l’Amérique du Nord également ;
-  une prise de contact avec tous les expatriés localisés et identifiés, en vue de tester enfin de façon systématique leur motivation et la propension à conformer des diasporas, et de les informer des possibilités de reconnexion avec le pays ;
-  une identification précise de tous les réseaux et associations diasporas constitués, et de leurs nœuds locaux dans les pays européens et américains ;
-  une analyse de leurs fonctionnements, dynamiques, activités et résultats, en suivant en parallèle leur évolution sur les 3 années du projet et leur réactivité aux mesures qui seront prises à leur égard ;
-  une évaluation des expériences passées et leur comparaison avec les nouvelles, vécues par les réseaux diasporas de l’Argentine, la Colombie et l’Uruguay ;
-  la promotion de plateformes informatiques appelées à se développer dans les nouvelles versions du web, et dont les nouvelles fonctionnalités (interactivité, stockage, multimedia) ouvrent des possibilités prometteuses aux communautés dispersées,
-  la promotion également de modalités de gouvernance opérationnelles pour ces diasporas, avec un rôle accru de l’Etat facilitateur et stratège, intervenant au travers d’une pluralité d’institutions préalablement informées et instruites ;
-  des recommandations et des formations pour les organisations publiques chargées dans ces pays de gérer la mobilité de leurs ressortissants, les apports qu’ils peuvent faire et les risques que certaines défections et pénuries de ressources humaines peuvent susciter.

o Implication des partenaires de mise en œuvre, leur rôle et leur relation avec le demandeur. Pour chaque pays, une équipe universitaire ou académique travaillera en partenariat avec une administration ou une entité publique chargée de la mise en œuvre de politiques à l’égard des ressources humaines nationales hautement qualifiées. Cette logique de recherche action se matérialisera dans ces pairs d’intervenants :
-  en Argentine, le groupe REDES, Centro de Estudios sobre Ciencia, Desarrollo y Educacion Superior, organisme de recherche privé, associé au Conseil National de Recherche Scientifique et Technique (CONICET), a développé une expertise reconnue sur le thème des migrations de scientifiques et technologues ; ses liens solides avec le SECYT (Secrétariat à la Science et à la Technologie) - Ministère de l’Education et maintenant depuis peu celui de la Science, de la Technologie et de l’Innovation Productive - qui a servi ces dernières années d’interface avec les groupes expatriés et les réseaux des chercheurs à l’extérieur, garantissent une communication efficace ;
-  en Colombie, le programme « ColombiaNos Une » (au double sens : Colombiens unissez-vous, la Colombie nous unit) , mené par le Ministère des Relations Extérieures, comporte une équipe dynamique étudiant la diaspora et préconisant des outils de suivi et d’interaction avec ses membres ; ses liens organiques avec Colciencias, agence Colombienne de la recherche scientifique, responsable du Réseau Caldas des chercheurs et ingénieurs à l’étranger, seront mis à profit pour armer les deux volets du projet sur ce pays ;
-  en Uruguay, l’Université de la Republica dont l’excellence scientifique sur les thèmes migratoires dans toute l’Amérique Latine est mondialement connue, travaillera conjointement avec la direction de la coopération du Ministère de l’Education et la Culture dont l’intérêt avéré pour la reconnexion de la diaspora trouvera dans le projet une possibilité de se traduire concrètement. Ces binômes par pays constituent ensemble un tissu de relations forgées parfois de longue date et dont le coordinateur de la présente demande est partie prenante. L’IRD et les 3 groupes de recherche mentionnés - Redes, ColombiaNos Une et Université de la Republica- ont collaboré occasionnellement à diverses reprises et tout dernièrement sur une étude des migrations de retour dans ces trois pays, pour l’OCDE (Organisation de Coopération et Développement Economique). Ils constituent un partenariat à la fiabilité éprouvée. Les agences publiques qui représentent leur contrepartie locale dans les 3 pays, disposeront d’un statut d’associé permettant leur accès au projet, sans peser sur son organisation et son budget lorsque cela n’est pas nécessaire. Le laboratoire LIMSI (sciences de l’information) du CNRS sera intégré à l’équipe IRD pour la construction commune des outils (socio-informatics) équipant les incubateurs.

o Autres parties prenantes possibles. Les constats empiriques produits par l’étude des réseaux de diasporas des savoirs de par le monde révèlent l’importance de ne pas compter localement sur la présence d’une unique agence médiatrice entre diaspora et pays d’origine. La pluralité d’intervenants apparaît comme un élément favorable pour une fertilisation croisée riche, active et productive entre les deux. Le projet tient compte de cette perspective et multipliera les contacts, informations et éventuellement formations avec les entités susceptibles de profiter des diasporas et de faire fructifier leur apport.

3. Durabilité de l’action

o Fournir une analyse de risques initiale et d’éventuels plans de réserve. Trois risques possibles existent pour ce projet : celui d’une difficulté d’accès à l’information pour les observatoires, un deuxième concernant la coordination de cette information et son articulation avec l’action générée par les incubateurs et un troisième portant sur la continuité de ces actions des diasporas. Le premier fait l’objet d’une anticipation à laquelle répond le positionnement des partenaires du projet, à proximité des sources d’information latino-américaines et européennes : l’équipe uruguayenne avec le CELADE (Centre Latinoamericano y Caribeño de Demografia) de la CEPAL (Commission des Nations Unies pour l’Amérique Latine et les Caraïbes), de l’OIM (Organisation Internationale pour les Migrations) et de l’Unesco (Organisations des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture) ; l’équipe Colombienne avec les listes et bases de données d’expatriés locaux maintenus par le propre Ministère et Colciencias ; l’équipe argentine avec la RICYT (Red Ibero-americana de Indicadores de Ciencia y Tecnologia) dont elle est membre coordinateur ; l’équipe française avec EUROSTAT et l’OCDE. Le caractère compact de l’équipe du projet – 4 pays, 4 partenaires et 4 associés- vise à prévenir les risques de dilution et les coûts de transaction qui pèseraient sur une coordination lourde et à garantir l’efficacité démonstrative des incubateurs qui seront créés. L’expérience prouve que le risque majeur d’un effritement de la mobilisation des diasporas qualifiées pour le développement du pays d’origine est celui de l’instabilité politique et administrative de ce dernier (changements de gouvernement, turn over du personnel bureaucratique, précarité des engagements budgétaires, fragilité des institutions), altérant sa capacité de dialogue et d’action soutenue. Un moyen efficace de contourner ces difficultés est de répartir le risque en multipliant les médiateurs locaux de la diaspora (stratégie de médiatisation). Un autre tout aussi pratique est celui de consolider les réseaux dans des dispositifs techniques (stratégie d’informatisation). Ces deux stratégies sont parties intégrantes du projet.

o Principales conditions préalables et hypothèses pendant et après la phase de mise en œuvre. Le contexte de la mise en œuvre du projet est très favorable. L’exemple asiatique du recours massif aux diasporas qualifiées pour le développement est clairement perçu en Amérique du Sud. La prise de conscience du potentiel de développement à travers une bonne gestion des mobilités s’accompagne d’une frustration des instances politiques quant à la méconnaissance précise de ce phénomène et aux instruments permettant de l’assumer. Le présent projet fait clairement l’hypothèse qu’il vient combler ce vide en construisant la capacité de documentation, à travers les observatoires, et d’équipement, par l’entremise des incubateurs, pour cette gestion conjointe des pays d’origine et d’accueil et leurs bénéfices mutuels du phénomène migratoire.

o Durabilité, stratégies d’intégration et appropriation. Les incubateurs de diasporas seront intégrés aux systèmes nationaux d’innovation via les entités publiques associées au projet depuis le début (Secyt/Mincyt, en Argentine ; Min. Rel. Ext./Colciencias, en Colombie ; Min. Edu en Uruguay ; Commission Européenne). Leur financement devra être pensé par les politiques publiques nationales des pays d’origine, par les propres apports des diasporas, par la coopération internationale et par des programmes spécifiques des pays d’accueil. Ces structures légères ne requièrent pas de ressources financières massives mais essentiellement des investissements immatériels, organisationnels, techniques et, à l’évidence, politiques.

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Description détaillée en français

 

 

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