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  • Conversion et culture dans le monde grec du IVe siècle ap. J.-C. (

    Pierre-Louis Malosse

    )

    Rarement la conversion – concept, événement, acte – a tenu une place telle qu’au IVe siècle après Jésus-Christ, dans les années qui mènent de la conversion d’un empereur (Constantin) à celle de l’empire. Dans le monde oriental, dominé par la culture hellénique, la conversion religieuse rencontre un modèle depuis longtemps reconnu, celui de la conversion philosophique (ou à la philosophie). Entre l’une et l’autre, il existe une certaine porosité, plus ou moins consciente, comme l’attestent en des directions opposées le cas des milieux philosophiques alexandrins – y compris peut-être Arios –, ou celui de Julien. D’autre part, à l’orée du IVe siècle, la conversion chrétienne a déjà une longue histoire.
    La nouveauté de l’Antiquité tardive, outre le changement d’échelle, du petit nombre à la masse et du marginal à l’officiel avec le soutien de l’État, est de poser la question du rapport de la conversion religieuse à la culture traditionnelle, question qui ne se posait pas à propos de la conversion philosophique, puisque celle-ci était une composante de cette culture, question qui se pose particulièrement au moment où les convertis prétendent prendre en charge la culture. Plus précisément, il s’agit d’une confrontation avec la paideia, concept qui embrasse et unit étroitement culture et éducation. Chez les auteurs qui s’y réfèrent, que ce soit explicitement ou implicitement, la conversion se définit par rapport à la paideia tour à tour en termes d’exclusion, de concurrence et de complémentarité.


  • La conversion d’Alexandre le Grand au judaïsme : transpositions et avatars d’une légende dans les Romans d’Alexandre français du XIIe siècle (

    Isabelle Fabre

    )

    Rapportée dès l’Antiquité tardive par Flavius Josèphe et un certain nombre de sources rabbiniques, la rencontre légendaire entre Alexandre et les représentants officiels du judaïsme à Jérusalem a donné lieu à de multiples adaptations et réécritures au cours du Moyen Âge, en particulier dans les romans français qui retracent en de vastes fresques versifiées l’épopée du conquérant macédonien. Si l’épisode a été lu jusqu’ici avant tout comme l’expression d’une authentique conversion d’Alexandre au monothéisme juif, cet article se propose de revisiter le passage en remettant largement en question cette interprétation.

    Partant du postulat qu’envisager une conversion au judaïsme dans le cadre d’une littérature médiévale nourrie de références chrétiennes ne va pas de soi, le propos se construira à partir d’un double questionnement : est-ce bien une conversion sincère qui nous est donnée à voir, ou plutôt un subtil simulacre, à en juger du moins par l’ambiguïté des marques de la conversion ? Dans le premier cas, si l’on tient compte des fréquentes tendances à l’anachronisme et à la christianisation, à quelle foi Alexandre est-il censé se convertir ? Dans l’autre cas, de quelle stratégie un tel geste relève-t-il, aussi bien de la part du personnage lui-même que de l’auteur qui le met en scène dans une perspective se voulant a priori exemplaire ? Nous verrons qu’à toutes ces questions les réponses sont loin d’être univoques et que des divergence profondes se font jour entre les différents traitements de l’épisode, avec deux constantes toutefois : le respect marqué pour une certaine forme d’altérité, sinon d’étrangeté, celle d’Alexandre comme celle de ses interlocuteurs juifs, aisément identifiables, et la volonté de mettre en récit une rencontre qui s’apparente davantage à une manœuvre stratégique inavouée qu’à une conversion religieuse à proprement parler.


  • La conversion dans le code de droit canonique de l’Église catholique de rite latin (

    Jeanne-Marie Tuffery-Andrieu

    )

    Même si le terme lui-même n’est que rarement utilisé, la conversion est évoquée à plusieurs reprises dans le code de droit canonique de l’Église catholique de rite latin et présente un des enjeux majeurs de la norme ecclésiale. Le Code de 1983, conformément aux principes théologiques établis, fixe en effet les moyens de la conversion du baptisé catholique, et tire les conséquences de la conversion du non baptisé.


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